Le (long) mot du jour – les prix Génies et le cinéma canadien – 19 janvier 2012

Aie! Honte à moi! J’avais oublié que l’annonce des nominations pour les prix Génies était mardi matin… mais vous aussi d’ailleurs! N’est-ce pas?😉

C’est malheureusement ce qui arrive au cinéma canadien, on l’oublie! Pourtant, ce ne sont pas les bons films qui manquent. Je n’inclus pas dans ce billet le cinéma québécois qui est définitivement en excellente santé bien mérité! Je parle ici du cinéma fait hors-Québec.

Sans regarder la liste des nommés pour le Meilleur Film aux Génies, pouvez-vous me nommer un film Canadien qui est sorti en 2011?

*SILENCE*

C’est ce que je pensais!

Si j’avais inclus les films québécois, vous auriez nommé “Café de flore”, “Monsieur Lazhar”, “Gerry”, “Frisson des collines”, “Le vendeur”, “Coteau Rouge”, etc. Mais les films canadiens: AUCUN!

Je vous imagine en train de vous gratter la tête, vous demandant si Atom Egoyan a sorti un film en 2011 (la réponse est oui: il a réalisé un segment dans le film “Mundo Invisivel”, qui n’a pas été présenté en salles au Canada pour l’instant)… ou David Cronenberg? Um… pas sûr… (son film “A Dangerous Method” vient de sortir en salles à Montréal et est en lice pour le Genie du Meilleur Film.)

Pour une raison que j’ignore, le système de distribution, mais surtout le système de promotion, n’est pas au point pour les films canadiens. Un film canadien peut sortir d’abord à Toronto, ensuite Montréal quelques mois plus tard et Vancouver par la suite. Les plus petites villes n’étant pas toujours desservies de films canadiens. Peut-être qu’un d’entre vous peut m’éclaircir sur cet état de fait? Ce que j’écris ici est strictement basé sur ce que j’ai observé dans les dernières années.

Le Toronto International Film Festival (TIFF) est une excellente plate forme pour les films faits au Canada, incluant ceux du Québec. Le deuxième plus gros festival de films au monde met en valeur les films canadiens dans sa programmation. C’est même facile (eh oui… facile!!) d’aller voir un film canadien lors de son passage au festival: il y a en plein! Pour avoir été à TIFF à deux reprises, je sais de quoi je parle. Il semble que tout ce que j’ai vu était soit fait ou co-produit au Canada.

Mais une fois sortis de TIFF, ces films disparaissent! En 2008, TIFF choisit le film “Passchendaele” de Paul Gross comme film d’ouverture, espérant certainement que la vitrine de TIFF aiderait les ventes de ce film à l’étranger. Hélas non!  Après une sortie en salles exclusivement au Canada, où il n’a su récupérer son extravagant budget (pour le Canada) de 20 millions$, il se trouve maintenant dans la boîte des DVD à 4,99$ au Wal Mart. Même histoire pour “Score: A Hockey Musical”, le film d’ouverture de 2010. (Personnellement, tant qu’à choisir un film canadien, j’aurais choisi “Barney’s Version” cette année là, un film qui a prouvé sa longévité post-TIFF grâce à un bon box office, au Golden Globe du Meilleur Acteur de Paul Giamatti ainsi qu’une nomination aux Oscars pour l’excellent travail de maquillage du montréalais Adrien Morot. But I digress…)

Ceci n’est pas un problème pour les films québécois car même s’il existe un délai entre la sortie au Québec et celle hors-Québec, les québécois ont un intérêt pour leurs films et vont les voir au cinéma. Mais ce n’est pas le cas dans le “rest of Canada”. Les canadiens ne courent pas pour voir leurs propres films. Dommage, car il y a des bons films et d’excellents réalisateurs hors-Québec. Mais qui les connaît? Deepa Mehta, Sarah Polley, Thom Fitzgerald, Don McKellar, ça vous dit de quoi?

Le problème résiderait-il dans l’internationalisme des films canadiens? Je m’explique. Dans les nommés pour Meilleur Film aux Génies, il y a trois films québécois pour lesquels l’action se passe en bonne partie au Québec (“Starbuck”, “Café de flore” et “Monsieur Lazhar”), les deux autres films qui sont dit canadiens, ne se passent PAS au Canada (“The Whistleblower” se passe en Bosnie, “A Dangerous Method” se passe en Suisse et en Autriche). Pourquoi donc? N’y a-t-il pas des histoires à raconter qui se passent à Toronto, Halifax, Red Deer ou Winnipeg? Les gens sont-ils intéressés à voir ces histoires? Hmm…

Le succès d’un film comme “Bon Cop, Bad Cop” se répétera-t-il? Cette comédie bilingue était considérée comme la solution aux problèmes du cinéma canadien à l’époque de sa sortie en 2006. Une comédie qui ne pouvait être fait ailleurs qu’au Canada de part son sujet et son bilinguisme, québécois et canadiens pouvaient s’y identifier et s’en intéresser et c’est ce qui arriva. Nous sommes en 2012 et il semble que l’industrie du cinéma canadien est pris sur la case départ…

Peut-être que le film “Goon”, qui est sur ma liste des “Films préférés de 2011 – Best of the Rest”, est la solution à tous ces problèmes? J’ai vu cette comédie sur le hockey à TIFF en septembre dernier et j’ai adoré! C’est en anglais, drôle, vulgaire, violent, et respire l’air frais d’hiver! Serait-ce le succès canadien hors Québec attendu depuis longtemps? À suivre après le 24 février, date de sortie de “Goon” en salles…

4 thoughts on “Le (long) mot du jour – les prix Génies et le cinéma canadien – 19 janvier 2012

  1. Bon là, je suis entière d’accord avec toi concernant les films canadiens “hors-Québec” qui ne semblent pas attirer notre attention par manque de promotion. C’est vraiment dommage, parce qu’effectivement, il y a d’excellents réalisateurs canadiens qui méritent toute notre attention. Tu as mentionné Don McKellar : non mais quel génie! Des films comme “Last Night”, j’en veux une tonne! Peut-être qu’un jour les artistes canadiens se réveilleront et se regrouperont pour mettre de la pression dans l’industrie afin de mieux présenter leurs oeuvres et qu’enfin les canadiens et québécois profitent de leur talent au grand écran.

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  2. Merci pour ton commentaire Mélanie! Effectivement, le marketing des films est un problème qui existe depuis longtemps. Par contre, je crois que le terrible règne du “Très Honorable” Harper et son Ministre de la Culture-sans-culture est le plus gros problème en ce moment. Avec les nombreuses coupures, il y a sûrement plusieurs projets de films qui sont soumis mais, ne recevant pas le financement nécessaire, doivent être abandonnés. C’est vraiment dommage! Peut-être qu’après le règne de terreur, la situation s’améliorera. À suivre dans quatre ans…
    PS Je pensais justement au film “Last Night” lorsque j’écrivais le nom de Don McKellar. Quel bon film pour lequel j’étais fière de payer un billet de cinéma (au Faubourg!!).🙂

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  3. J’ai oublié de mentionner qu’il serait intéressant de demander à Peter Pearson, grand manitou de Cinémagique, ce qu’il pense de l’état du cinéma canadien. Il a travaillé pour l’ONF et a été Directeur exécutif de Téléfilm Canada pendant quelques années. J’essaierai de lui demander la prochaine fois que je le vois…🙂

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  4. Pingback: Le Gala des prix Génies (ou comment ne pas prendre le cinéma canadien au sérieux!) « WATTS AT THE MOVIES

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