“L’industrie du ruban rose”

Il est difficile de critiquer objectivement un documentaire lorsque celui-ci prend clairement parti pour un côté et que c’est le même côté que l’auteure de cette critique. Donc ceci ne sera pas une critique, mais plutôt un billet vous expliquant pourquoi « L’industrie du ruban rose » de Léa Pool est un film à voir!

Il est aussi difficile de faire un résumé de ce film car tous ses volets sont pertinents à mon avis. Je tenterai ici d’en faire un résumé.

Le film explique comment le cancer du sein est devenu la cause à la mode pour les entreprises. Dans les années 90, les femmes protestaient dans la rue pour que le gouvernement légifère sur les produits cancérigènes affectant la santé des femmes; maintenant la population court ou marche dans le but d’amasser de l’argent pour une fondation aidant les personnes atteintes du cancer du sein ou d’autres cancers. Ce n’est pas mauvais, mais on dirait que la « vraie » cause a été mise de côté et enrobée de sucre. Les marches et les courses pour la cause du cancer du sein se multiplient, on pourrait dire qu’elles font partie de la culture, mais plus de questions ne sont posées. Pourquoi ce changement de cap? Mais surtout : où l’argent va-t-il vraiment?

L’information apprise dans ce film est révoltante! Comme le disait une des militantes dans le documentaire : « Si les femmes savaient vraiment ce qui se passe, elles seraient vraiment frustrées! ».

Il y a une ironie cachée dans la cause du cancer du sein. N’est-ce pas ironique que des compagnies produisant des cosmétiques ou autres produits prouvés cancérigènes soutiennent la cause du cancer du sein? Estée Lauder, Revlon, Avon, etc. sont toutes des compagnies qui mettent à l’avant-plan cette cause pour redorer leur image. Pourtant, est-ce que allumer l’Empire State Building de New York en rose va vraiment changer les choses? Est-ce que vendre un toutou rose, un rouge à lèvres rose, ou autres produits roses vont vraiment aider à trouver un remède contre le cancer du sein? Ou est-ce que cette couleur rose encourage un consommateur à acheter un produit plutôt qu’un autre parce qu’il associe cette couleur au cancer du sein, mais que la majorité des sous amassés profite à X compagnie au lieu de la cause? Il semblerait que oui. Un exemple cité dans le documentaire est la campagne de couvercle de yogourt Yoplait. Pour chaque couvercle renvoyé à Yoplait durant leur période de campagne, 0,10$ sera versé à la cause du cancer du sein. Un calcul rapide démontre que 34$ serait le montant amassé si une personne mangeait trois yogourts par jour pour la durée de la campagne. Pour paraphraser une des militantes du documentaire : « Aussi bien envoyer un chèque, c’est moins de trouble… » :-O

C’est certain que des millions de dollars sont amassés à chaque année à cause de toutes ces levées de fonds, mais où va VRAIMENT l’argent? Selon le documentaire, surtout pas va vers la prévention, et on ne sait pas pourquoi c’est comme ça. C’est fâchant!

Selon des expertes dans le documentaire, nous n’avons pas fait beaucoup d’avancées à trouver l’origine du cancer du sein, même si nous avons connaissance de ce cancer, de son effet pandémique et des millions de dollars amassés depuis plusieurs années! Même si plusieurs facteurs de risques sont cités, le facteur de risque #1 est le fait d’être une femme! Quand on est encore rendu au point A, c’est qu’il y a un problème! Selon le documentaire, l’argent serait mal distribué et géré, le manque de communication dans la recherche est un gros problème.

« QUE FAIRE? », vous dites.

Premièrement, informez-vous davantage avant de faire don ou de vous impliquer dans une fondation soutenant la cause du cancer du sein. Vérifiez où va l’argent et essayez de donner à des fondations ou organismes qui travaillent plus directement avec les gens souffrant de la maladie.

Deuxièmement, choisissiez mieux vos produits cosmétiques et corporels. Consultez le site web « Skin Deep » de Environmental Working Group. C’est une base de données regroupant des informations exhaustives sur des produits cosmétiques, dentifrices, crèmes solaires, etc., pour femmes, hommes et enfants. EWG regroupe les informations données par les compagnies avec l’information scientifique pour évaluer le niveau de toxicité et de risque cancérigène de plus de 69 000 produits. http://www.ewg.org/skindeep/

LE MOT DE LA FIN : Un documentaire percutant et pertinent à voir pour être informé sur ce qui se joue derrière le beau petit ruban rose. Je donne la cote ÇA VAUT LE PLEIN PRIX!

Bande-annonce “L’industrie du ruban rose”

DERNIERS DÉTAILS : « L’industrie du ruban rose » (2011) réalisé par Léa Pool, scénarisé par Léa Pool, Patricia Kearns et Nancy Guérin, inspiré du livre « Pink Ribbons, Inc. : Breast Cancer and the Politics of Philanthropy » de Samantha King.

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