“In Darkness” (“W ciemności”)

L’holocauste et ses nombreuses histoires ont souvent été présentés au grand écran. Ce qui me fascine le plus, ce sont les histoires plus humaines de cette horrible page d’histoire. « Schindler’s List » était un de ces films. « In Darkness » fait maintenant partie de cette liste.

Nous sommes en Pologne en 1944, le village de Lvov est sous occupation allemande. Les polonais juifs sont sous surveillance constante par les soldats nazis, et donc en état de peur constante. Certains juifs décident de se réfugier dans les égouts; pour y arriver de façon incognito, ils creusent un trou. Une fois dans les égouts, ils sont découverts par deux travailleurs d’égouts, dont Leopold Socha, qui acceptent de ne pas les dénoncer tant qu’ils sont payés pour leur silence. C’est une situation qui rend tout le monde stressé et tendu. Certains des juifs craignent que les travailleurs d’égouts les dénoncent et leur sont donc hostiles, et vice versa. Nous sommes alors témoins de la vulnérabilité, le stress, la colère et l’agressivité de tous ces gens. Ces éléments transforment leurs relations pour le meilleur et pour le pire, en plus de faire en sorte que Socha vit une double vie d’aidant pour les juifs en cachette et travailleur d’égout/cambrioleur occasionnel/père de famille qui garde un lourd secret qu’il ne révèle même pas à sa femme. Après 14 mois dans les égouts, la Deuxième Guerre Mondiale se termine et les survivants peuvent finalement sortir du noir.  

C’est un film difficile, il va sans dire. La réalisatrice Agnieszka Holland nous plonge dans l’état de peur et le mode survie constants qui façonnaient la vie quotidienne des résidents de Lvov, en particulier ceux choisissant vivre dans un égout. J’avoue avoir apprécié le sentiment d’être complètement plongée dans l’atmosphère, c’est à l’honneur de Holland d’avoir réussi le coup. Même si cette ambiance rend le film plus difficile à digérer, je crois que c’était nécessaire pour comprendre et saisir l’histoire.

Ce sont aussi les relations entre les gens, que ce soit entre les juifs et les nazis, les juifs et les polonais non-juifs, et les juifs entre eux, qui nous marquent dans ce film. Tout le monde a peur et vit cette peur de différente façon. Ce sentiment de peur constante, que des personnes n’ayant jamais vécu la guerre peuvent réellement comprendre, est ce qui rend le film cru. Dans un contexte autre, une certaine empathie pourrait être démontrée entre personnes (cela n’arrive qu’à la fin du film) mais j’y croyais car je ne pouvais voir comment la vie devait être autrement à ce moment-là. Comment aurais-je réagit dans un tel contexte? Comment auriez-vous réagit? Nous sommes chanceux de ne probablement pas avoir à vivre cela dans notre vie…

Le jeu des acteurs était superbe, en particulier Robert Wieckiewicz, l’acteur interprétant Leopold Socha. Par moments empreint de retenu et d’autres fois colérique, le rôle de Socha est un rôle requérant polyvalence et Wieckiewicz le maîtrisa avec brio.

Leopold Socha (Robert Wieckiewicz)

Compte tenu que le film se passe principalement dans un égout, il y a très peu de lumière dans le film. J’ai été impressionnée par la cinématographie du film et du choix d’éclairage. Les chandelles et lanternes étaient utilisées de façon efficace non seulement pour nous donner l’impression d’être dans un égout mais aussi pour nous montrer l’émotion des gens pris dans ces terribles conditions. J’avais vraiment le sentiment d’être dans les égouts avec les juifs en cachette, il ne manquait que l’odeur, heureusement qu’elle n’était pas présente dans la salle de cinéma!

PETIT TRUC INTÉRESSANT : J’ai visionné ce film en avant première au Ciné-Club Cinémagique, le scénariste David F. Shamoon était présent pour la période de questions. Voici deux des choses les plus intéressantes apprises grâce à M. Shamoon : 1) il avait initialement écrit le scénario en anglais dans le but que le film soit tourné uniquement en anglais. La réalisatrice ne trouvait pas que ça rendait justice à l’histoire que de la raconter en anglais. Elle insista pour que le film soit fait dans les langues originales, soit le polonais et l’allemand et c’est ce qui a été fait. M. Shamoon acquiesca que c’était la bonne décision, je suis entièrement en accord! 2) Le film se passe principalement dans les égouts de Lvov mais le tournage de ces scènes a eu lieu dans des égouts de Berlin… et dans un studio de la même ville! Je n’aurais jamais cru que ça a été tourné dans un studio si on ne me l’avait pas dit!

LE MOT DE LA FIN : Pour voir une page d’histoire réalisée de main de maître par Agnieszka Holland, je donne la cote ÇA VAUT LE PLEIN PRIX!

DERNIERS DÉTAILS :  « In Darkness » (2011) réalisé par Agnieszka Holland, scénarisé par David F. Shamoon basé sur le livre de Robert Marshall “In the Sewers of Lvov: A Heroic Story of Survival from the Holocaust”, mettant en vedette Robert Wieckiewicz, Benno Fürmann et Agnieszka Grochowska.

Commentaires? Comments?

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s