“Alien”

Sachant que “Prometheus” (le retour du réalisateur Ridley Scott dans l’univers de son film culte “Alien”) sortait en salles cet été, je me suis, disons, “forcée” à regarder ce film. J’utilise le terme “forcée” car j’ai toujours eu l’impression que “Alien” était un film d’horreur et je ne suis pas amateur de ce genre-là. Je l’avoue, j’ai juste trop peur pour apprécier! Mon frère et d’autres gens me disaient que ce n’était pas vraiment un film d’horreur, plutôt une science-fiction à suspense; mais je ne voulais rien savoir! Ce sentiment d’esquiver “Alien” a été renforcé il y a quelques années lorsque des amis présentèrent un effroyable extrait du film dans le contexte de leur soirée annuelle d’Halloween et donc, je ne voulais toujours rien savoir!

Mais bon, l’eau coula sous le pont et je me suis ouverte un peu l’esprit. En fait, oui et non! Oui, je voulais sincèrement donner une chance à “Alien”, c’est un classique après tout; quoique j’avoue (tout en rougissant d’embarras) que la raison principale qui m’amena à finalement voir ce classique est Michael Fassbender! Non, cet excellent acteur germano-irlandais n’est pas dans “Alien” mais plutôt dans “Prometheus” et quelle cinéphile serais-je si je n’allais pas voir “Prometheus” sans être préparée?

Maintenant que vous riez de moi, je vous parle de “Alien”. En 2122, le vaisseau commercial Nostromo doit ramener une raffinerie et des minerais vers la terre lorsqu’un signal d’un planétoide les amène à devoir investiguer une présence extra-terrestre potentielle. Des membres de l’équipage, Kane (John Hurt), Dallas (Tom Skerritt) et Lambert (Veronica Cartwright), se promènent sur ce qui s’avère être l’épave d’un vaisseau extra-terrestre. Kane s’aventure à l’intérieur du vaisseau où des centaines d’oeufs s’y trouvent, un de ceux-ci s’agite et s’agrippe à son visage et il tombe inconscient. De retour au vaisseau, la troisième commandante Ripley (Sigourney Weaver) refuse de donner l’accès au vaisseau à ses collègues dû au strict protocole de quarantaine imposée par leur compagnie. L’officier scientifique Ash (Ian Holm) ouvre tout de même l’accès au vaisseau malgré les protestations et l’autorité protocolaire de Ripley dans ce contexte. En faisant entrer Kane à bord de Nostromo, le vaisseau devient en granve danger car un nouveau passager s’y trouve…

Plusieurs choses impressionnent dans ce film. Tout d’abord, les effets spéciaux. 1979 n’était pas encore l’époque de l’imagerie générée par ordinateur, conséquemment, le maquillage et différents accessoires ont créés l’extra-terrestre sous ses différentes formes dans le film. Avec mes yeux vierges, je peux sincèrement dire que j’étais impressionnée par le travail qui se trouvait derrière la création de l’extra-terrestre. C’était surtout impressionnant étant habituée aux effets spéciaux d’ordinateurs qui créeraient le tout aujourd’hui. Les personnes ayant conçus les effets spéciaux pour ce film ont dû être très débrouillards pour trouver des matériaux qui pouvaient convaincre un auditoire que l’extra-terrestre provenait vraiment d’une autre planète. Chapeau!

Kane (Hurt) avec son nouvel ami…

Autre chose impressionante pour l’époque est le personnage de Ripley. Non seulement Ripley est une femme forte en poste d’autorité, mais elle est la seule survivante du film. Il était plus commun que l’homme survit au méchant dans un film à cette époque. Mais dans “Alien”, c”est une FEMME qui survit! À notre époque, nous sommes familiers avec des femmes héroïnes de films d’action; Angelina Jolie, Uma Thurman, Kate Beckinsale, Halle Berry et Milla Jovovich sont quelques exemples récents d’actrices qui ont oeuvré dans des films d’action. Par contre, en 1979 ce n’était pas très commun, du moins, tout en restant habillée car il faut avouer que le costume de Wonder Woman est probablement beaucoup plus un fantasme d’homme que ce qu’une femme choisirait réellement de porter pour se battre…

J’ai bel et bien eu la trouille en regardant “Alien”, mais ce n’était pas pour les raisons que je pensais. C’est certain que l’effroyable scène où l’extra-terrestre sort du ventre de Kane fait sursauter, mais c’est plutôt le cloisonnement de l’équipage qui me faisait frémir. Dès que l’extra-terrestre émerge, les membres de l’équipage sont forcés à faire face à leurs peurs, leurs anxiétés, tout en étant prit dans un vaisseau des milliers d’années lumière de la Terre, loin des conforts de la maison. Cette ambiance créée par Ridley Scott rend le film terrifiant. Il fait toujours noir et l’équipage est isolé dans ce vaisseau de la peur; l’ambiance y est claustrophobe. Lorsque l’extra-terrestre tue au compte-goutte les membres de l’équipage, la folie s’installe de plus en plus parmi certains d’entre eux. Ripley garde son calme, Ash demeure neutre, mais Lambert est anxieuse et Parker, l’ingénieur en chef, veut tuer cette bête à tout prix!

Ripley (Sigourney Weaver)

C’est ce que j’ai apprécié le plus de ce film, et probablement une des raisons pour lesquelles “Alien” est considéré comme un film culte. Rien n’est plus humain que le sentiment de la peur, rien ne démontre mieux la vraie nature d’une personne que lorsque celle-ci fait face à la mort. Certaines scènes où les membres du Nostromo étaient en désaccord face à ce qu’il fallait faire avec l’extra-terrestre me rappelait le film “Battle Royale”. Une folie négative plus souvent que positive, du moins dans les films, s’installe dans les gens lorsqu’ils sont conscients de leur mortalité. C’est un état d’être que je trouve fascinant, et qui peut être observé de façon “sécuritaire”, soit sans avoir l’air d’un voyeur, dans le contexte d’un film. C’est un sentiment indubitablement humain et donc nous pouvons tous y lier notre propre expérience. Enlevons cette histoire de science-fiction et le terrible l’extra-terrestre, et nous avons des humains qui veulent juste survivre, tout comme nous. J’ai été étonnée de trouver cela dans l’histoire, je comprends maintenant le statut de film culte.
LE MOT DE LA FIN: Un classique, un film culte, peu importe l’étiquette que vous y collez, “Alien” est un chef d’oeuvre pour son histoire et ses accomplissements techniques. Le voir pour la première fois 33 ans après sa sortie, je comprends l’impact que ce film a eu sur le cinéma et la science-fiction. Verdict? LOUEZ TOUT DE SUITE! (Quoique, contrairement à moi, vous l’aviez probablement déjà vu!)
DERNIERS DÉTAILS: “Alien” (1979) réalisé par Ridley Scott, scénarisé par Dan O’Bannon, mettant en vedette Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Ian Holm, John Hurt, Veronica Cartwright, Yaphet Kotto et Harry Dean Stanton.

5 thoughts on ““Alien”

  1. Pingback: “Prometheus” « WATTS AT THE MOVIES

  2. Parlons d’effets spéciaux! Que ce soit une maquette ou un dessin générer par ordinateur, l’important restera toujours l’atmosphère du film. Le reste n’est qu’un artifice pour tromper l’oeil. Il y a un bel attroupement de réalisateurs qui devraient s’en rendre compte au plus vite. J’ai une forte impression que l’atmosphère est laissé dans les mains des artistes 3D, mais je ne suis pas un expert en la matière. Selon moi, le travail du réalisateur est d’être le gardien et le créateur de cet atmosphère. Alien est un bel exemple d’une telle réussite.

    Like

    • Merci pour votre commentaire M. Morin!

      Je suis bien d’accord que plusieurs réalisateurs semblent dépendre des effets spéciaux pour animer l’histoire de leur film, quand l’histoire devrait à elle seule animer le film; les effets spéciaux étant des suppléments ajoutant à l’histoire, à la création d’un monde que seul le cinéma peut nous montrer. Par contre, je crois que certains réalisateurs s’impliquent tout de même beaucoup dans la création de leurs effets spéciaux. Je discutais avec quelqu’un qui travaille en animation par ordinateur au cinéma, et il me disait qu’il discutait à tous les jours via téléconférence avec le réalisateur pour discuter des effets. Quoique j’ai de la difficulté à imaginer un réalisateur, même avec l’assistance d’un ou deux assistants, pouvant coordonner le travail de centaines d’animateurs ou de spécialistes en effets spéciaux. Plus il y a de personnes travaillant sur un film, plus il y a de chances que certains aspects, soit l’histoire, seront négligés.

      J’admire un film de science fiction plus récent comme “District 9” qui arriva a créer une histoire originale et intéressante tout en jumelant des effets spéciaux pour embellir cette dystopie. J’admire aussi des films moins “traditionnels” utilisant des effets spéciaux, comme “Black Swan” qui fit bon usage d’un petit peu de CGI pour mieux faire comprendre la descente aux enfers du personnage de Natalie Portman.

      Tant que le dosage est raisonnable, les effets spéciaux sont toujours un bel agrément! Si seulement ce pouvait être le cas plus souvent!

      Like

  3. Pingback: TIFF 2013: “Jodorowsky’s Dune” | WATTS AT THE MOVIES

  4. Pingback: “Exodus: Gods and Kings” | WATTS AT THE MOVIES

Commentaires? Comments?

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s