1997-98: les années du rituel cinéma hebdomadaire

Il y avait une époque où j’allais souvent voir des films gratuitement avec mes amies. Avant l’ubiquité de l’internet, avant Cinéma Montréal et les tirages aléatoires parmi des centaines d’adresses courriel, il y avait un temps où il fallait être debout au lever du soleil pour se mettre en ligne dans le but d’avoir des billets pour l’avant-première d’un film. C’était un temps où il fallait travailler fort pour avoir ses billets gratuits: braver le froid, le vent, la pluie, la neige… et le désir de dormir jusqu’à midi un samedi matin! 

Il faut dire qu’à ce moment-là, mes copines et moi étions au Cégep, sans chum, sans emploi et donc sans le sous! Nous aimions tous bénéficier d’activités gratuites et passer du temps ensemble, les films se prêtaient parfaitement à cela à chaque semaine.

À tous les jeudis, les journaux gratuits VoirIciMirror et Hour sortaient et nous les scrutions à la loupe pour trouver la publicité annonçant le film en avant-première de la semaine. Le rendez-vous était habituellement le samedi matin à 9h, au HMV Mégastore, Chapters, ou Sam the Record Man (vous vous souvenez de ce magasin?), et à chaque semaine nous y étions. Mais il ne fallait pas se contenter d’arriver à l’heure de distribution des laissez-passer. Oh non! il y avait toute une file ces matins-là! Nous devions donc être présentes au moins une heure d’avance, même avant. Disons que ce n’était pas un comportement typique de (très) jeune adulte de 18-19 ans… Nous étions définitivement les seules “jeunes” à être aussi folles pour se lever tôt un samedi matin; toutes les autres personnes, et c’était habituellement les mêmes, étaient plus âgés que nous.

Avec du recul, les films n’étaient pas très mémorables. “Excess Baggage”, “Great Expectations”, “Sliding Doors”, “Oscar and Lucinda” sont quelques titres qui me viennent à l’esprit; les deux premiers étaient moches, les deux derniers bons, quoique je n’en ai revu aucun. Mais ce dont je me souviendrai le plus est que c’était non seulement une occasion pour nous de bénéficier d’un film gratuit, mais surtout un temps où nous pouvions socialiser et se rattraper dans les nouvelles. Le Cégep et autres activités nous gardant occupées, le samedi matin était un temps pour jaser sur nos cours chiants et les garçons sur lesquels nous avions un “kick”😉 De plus, nous nous retrouvions toutes quelques jours plus tard pour visionner le film en question! C’était génial!

Vers l’automne 1998, cette cadence hebdomadaire ralentit. Certaines parmi nous commençaient l’université et/ou travaillaient et/ou avaient un chum; notre rituel s’est effrité. Nous commencions à prendre des chemins différents, à rencontrer des nouvelles personnes, à développer de nouveaux intérêts. Quatorze ans plus tard, je ne suis plus en contact avec la majorité de ces amies, sauf ma meilleure amie. Ainsi va la vie, mais je garderai toujours un bon souvenir de nos samedis matins à attendre devant un magasin du centre ville de Montréal.

Je me désole que maintenant, il ne faut qu’un simple cliquetis de souris pour avoir la chance de gagner des billets de films. Il y avait une certaine fierté qui provenait de notre effort; maintenant, le hasard décide qui gagne. Ce n’est plus le même sentiment. Les gains arrivent aux six mois, si je suis chanceuse! Par contre, je crois bien que cette patience et endurance d’attente extérieure m’ont servi de formation pour les festivals de films que j’aime tant! Oh Fantasia, tu n’arrives pas assez vite!😉

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