“Beasts of the Southern Wild”

Il y a une tendance dans le cinéma indépendant américain d’appropriation de lieu dans le but de le faire connaître à un auditoire. Ces lieux ne sont pas New York ou Los Angeles, mais plutôt des régions moins connues, isolées et se démarquant des grandes villes américaines par une culture unique propre à cette région. L’impression que j’en perçois est un désir de distinction de ce cinéma par rapport au cinéma à grand budget hollywoodien, ce dernier, mettant à l’avant-plan superhéros et explosions dans Ville Sans Nom, est le type de cinéma que majorité de non-américains qualifieraient “d’américain”. Pourtant, une sous-culture cinématographique américaine existe présentement; un cinéma qui ne se retrouvera peut-être pas dans un multiplex en Asie ou en Europe, mais un cinéma qui définit une culture distincte, régionale et véritablement américaine, sans avoir recours aux effets spéciaux ou à un budget excessif. Les cinéastes de cette sous-culture me donnent l’impression de vouloir non seulement se différencier du cinéma “typiquement” américain, mais veulent surtout démontrer que les américains ont une âme et une culture riche et intéressante.

“Beasts of the Southern Wild” s’inscrit dans cette lignée de films indépendants américains. L’histoire tourne autour de la jeune Hushpuppy (oui, c’est bel et bien son prénom), petite fille extrêmement vive d’esprit pour ses six ans, et son père, Wink. Ils vivent dans un bayou (fictif) du sud des États-Unis nommé “The Bathtub” car il est entouré, voire quasiment submergé d’eau . Wink étant malade et sachant qu’il ne pourra plus prendre soin de Hushpuppy éventuellement, il lui montre comment pêcher, se défendre et se débrouiller seule. Hushpuppy a une relation d’amour/haine avec son père, et rêve de connaître sa mère, disparue lorsqu’elle était bébé; elle a une imagination débordante, amplifiée par les histoires que son professeur lui raconte des aurochs, boeufs sauvages éteints qui étaient parmi les animaux les plus puissants de la terre, il y a de cela des centenaires. Nous sommes souvent transportés dans la vive imagination de Hushpuppy, où elle utilise les aurochs pour interpréter certaines situations qu’elle vit, créant un brillant mélange de réalité et de fantaisie.

La belle Hushpuppy (Quvenzhané Wallis)

Les habitants du Bathtub sont pauvres mais heureux et tiennent beaucoup à leur coin; ils fêtent toute la journée, jouant de la musique et mangeant des tonnes de fruits de mers qui me mettaient constamment l’eau à la bouche. (Je n’ai jamais vu autant de crevettes et de crabe! Quel délice que ce devait être!) Reste que la menace de la grande tempête plane et les habitants savent qu’ils ne pourront plus rester dans leur cher Bathtub.

Ce qui marque de ce film est l’amour qui y dégage, un amour pour le sud des États-Unis, ce Bathtub nous rappelant la Nouvelle-Orléans, et cette grande tempête, l’ouragan Katrina. Il est clair que les cinéastes sont en amour avec ce coin de pays. Une autre chose qui frappe est cet amour pour les habitants du Bathtub de leur petit coin de pays, un amour qui n’inclut pas les choses matérielles, mais strictement un amour du lieu et des gens qui en font un lieu unique. C’est une image tellement contradictoire que celle dont le cinéma américain contemporain nous a habitué, soit une vision capitaliste des américains, et c’est extrêmement rafraîchissant! Cette joie de vivre enivrante des habitants du Bathtub pour leur coin, malgré la pauvreté qui les entoure, m’a donné le goût de me rendre dans ce coin de pays! Hélas, le Bathtub est fictif, je devrai donc me contenter de mon imagination, ou de bayous louisianais ou néo-orléanais…

PETIT DÉTAIL INTÉRESSANT : Nous sommes peut-être au mois d’août, mais la course aux Oscars est bel et bien entamée. Tel que décrit dans mon article Oscars 2013: “prédictions” beaucoup trop hâtives!, ce film a un buzz depuis plusieurs mois qui pourrait le propulser vers des nominations dans les catégories Meilleur Film et Actrice, entre autres. Maintenant que je l’ai vu, j’y crois! Et j’ajouterais aussi un désir de nomination dans la catégorie Meilleure Trame Sonore car celle de ce film était la meilleure que j’ai entendu dans un film cette année! J’ai le plaisir de l’entendre encore dans ma tête!

LE MOT DE LA FIN : Cette énergie, ce désir de vivre, les fruits de mer, la musique, l’eau, et une façon bien unique de raconter cette histoire font de  “Beasts of the Southern Wild” un film à ne pas manquer! Verdict? ÇA VAUT LE PLEIN PRIX!

DERNIERS DÉTAILS : “Beasts of the Southern Wild” (2012) réalisé par Behn Zeitlin, scénarisé par Zeitlin et Lucy Alibar, base sur la pièce de théâtre Juicy and Delicious de Alibar, mettant en vedette Quvenzhané Wallis et Dwight Henry.

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