“Inch’ Allah”

En visionnant “Inch’ Allah”, une frustration s’est installée en moi, une frustration qui pourrait paraître injuste pour le film : mes attentes étaient très élevées et non comblées, j’ai donc été royalement déçue. Par contre, je ne serais guère la seule car en lisant quelques critiques, j’ai constaté que mon point de vue a été partagé par plusieurs. J’essaie de ne pas avoir trop d’attentes en visionnant un film, mais lorsque la bande-annonce laisse présager un chef d’oeuvre, en plus d’être produit par micro_scope, la même boîte de production que “Incendies” et “Monsieur Lazhar”, il est difficile de ne pas vivre de déception lorsque le film est loin d’atteindre ce statut.

Source: Canoe

Chloé (Évelyne Brochu) est une obstétricienne québécoise travaillant dans une clinique en Palestine mais vivant en Israël. Nous savons peu sur elle, mais la découvrons à travers ses rencontres : sa mère avec qui elle discute sur Skype, sa voisine Ava (Sivan Levy), soldate israélienne travaillant à la frontière, et Rand (Sabrina Ouazani), une patiente de sa clinique enceinte de plusieurs mois, et la famille de celle-ci. Le film est une fenêtre sur le conflit israélo-palestinien à travers les yeux de Chloé et les gens autour d’elle.

Évelyne Brochu, qui s’est principalement fait connaître dans les dernières années par ses rôles dans “Frisson des collines” et “Café de Flore”, est juste correcte dans son rôle, sans plus. La froideur de son personnage rendait difficile son appréciation, mais il y avait surtout un manque d’intérêt dans le jeu de Brochu ce qui créait un détachement de l’auditoire ne nous permettant pas de rentrer dans sa tête, de la comprendre ou de s’y attacher. Il est certain que nous savions ce qu’elle était supposé vivre comme émotions à cause du scénario, mais  Brochu n’arrivait pas à me convaincre des émotions qu’elle était supposé ressentir; ses yeux avaient presque toujours la même expression de vide, son langage du corps amorphe. Il est vrai que son personnage intériorise énormément ses émotions, mais ne divulgue rien par son non-verbal, ce qui n’est pas normal. Conséquemment, le manque de crédibilité de Brochu faisait en sorte que je ne me suis point attachée à son personnage,..

En plus de cela, j’avais constamment l’impression que la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette voulait me faire sentir mal car ma vie est de loin meilleure que celle des gens pris dans ce terrible conflit. Il est certain que le sujet amène inévitablement l’auditoire à ce genre d’émotions, Barbeau-Lavelette a même dit en entrevue que “Inch’Allah” ne laisserait personne indifférent; mais pour moi, c’était plus fort que cela. J’avais l’impression que l’agenda de Barbeau-Lavalette était de constamment créer un malaise, au point oû je n’avais pas l’impression que la réalisatrice était de “mon bord”. C’était comme une attaque, une imposition d’idées, au lieu d’être une histoire racontée, ceci créa en moi un malaise constant en visionnant le film, ne me faisant pas apprécier  “Inch’Allah”. Était-ce nécessaire? Je ne le crois pas. L’empathie envers le peuple de cette région serait venue naturellement, si elle n’avait pas été délibéremment forcée comme ce fut le cas ici.

Chloe (Brochu) et sa voisine Ava (Sivan Levy).

Mais la plus grosse déception provient du scénario, truffé de clichés et de moments prévisibles à en rendre le visionnement pénible. Le dernier acte était bourré de moments mélodramatiques au point où j’avais l’impression de revoir “The Ides of March”, ce qui est loin d’être un compliment! Dommage car le sujet avait du potentiel et aurait dû aller au-delà de clichés pour susciter l’émotion du spectateur et l’empathie envers les gens de Palestine et d’Israël. Quels sont ces clichés? *SPOILERS* Chloé est en conflit avec le frère de Rand, mais après une soirée arrosée elle couche avec lui! Lorsque Rand est en train d’accoucher, elle est interdite d’accès à l’hôpital de l’autre côté de la frontière et donc, son bébé meurt! Je vais arrêter là, mais ce n’est pas le pire…

Mais s’il y a une bonne chose à souligner, c’est la direction photo de Philippe Lavalette: les couleurs et les prises de vues étaient majestueuses, je sentais presque le soleil sur ma peau! Ce sera un Jutra bien mérité!

LE MOT DE LA FIN : Une de mes plus grosses déceptions de l’année : un scénario prévisible, une prestation molle de l’actrice principale mais surtout ce sentiment continu de malaise créé de façon délibérée me font accorder la cote : ATTENDEZ LE DVD! J’aurais pu donner une moins bonne cote mais je souhaite quand même promouvoir notre cinéma et donc allez le voir et formez votre propre opinion!

DERNIERS DÉTAILS : “Inch’Allah” (2012) réalisé et scénarisé par Anaïs Barbeau-Lavalette, mettant en vedette Évelyne Brochu, Sabrian Ouazani, Sivan Levy.

3 thoughts on ““Inch’ Allah”

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