“Margin Call”

“Margin Call” est l’exemple parfait d’un film qui, s’il avait eu un distributeur ayant de grands moyens financiers, se serait rendu loin durant la saison des statuettes dorées, allant même récolter moult Oscars selon moi. Hélas, ce ne fut guère le cas, mais le film n’en mérite pas moins votre attention. De toute façon, chers lecteurs de Watts at the Movies, vous savez bien qu’il ne faut pas se fier aux trophées pour découvrir la vraie valeur d’un film… mais c’est tout de même amusant de s’intéresser à tout ce “drame” de fin d’année dans l’industrie du cinéma😉

Pour revenir au film, car il mérite certainement cela, “Margin Call” se passe à la veille de la crise financière américaine de 2008 sur une période de moins de 36 heures dans une importante banque d’investissement de Wall Street. Durant cette période de temps, nous suivons quelques employés alors qu’ils découvrent que la banque détient de nombreux actifs toxiques dépassant même la valeur totale des actifs de la banque et qui doivent être rapidement liquidés pour s’assurer de sa survie. Eric Dale (l’excellent Stanley Tucci) a initialement découvert les irrégularités mais s’est fait licencié avant de pouvoir découvrir l’ampleur des dégâts. Alors qu’il est escorté en dehors de l’immeuble suite à son licenciement, Dale remet à Peter Sullivan (Zachary Quinto), un des employés de son équipe de gestion de risques, une clé USB avec des informations importantes lui disant tout simplement “fais attention”. Avec ce message peu rassurant en tête, Sullivan décortique les données sur la clé USB qui découleront vers les actifs toxiques. Sullivan informe le chef négociateur (Paul Bettany) qui en informe son superviseur (Kevin Spacey) et de fil en aiguille tous les hauts gestionnaires (dont Simon Baker et Demi Moore) et le PDG de la compagnie en sont informés et décident de vendre les actifs avant que les marchés ne se rendent compte du problème, malgré les conséquences néfastes que ceci produira.

Peter Sullivan (Zachary Quinto)

Contrairement à d’autres films sur la crise financière récente, “Margin Call” se distingue car il met à l’avant plan l’humanité des personnages : nous avons un clin d’œil sur l’inconfort des protagonistes vis à vis cette situation où l’humain est mis drastiquement de côté, voire inexistant, mais aussi sur l’environnement de travail compétitif requérant des heures interminables. Ce côté humain est d’autant plus apprécié par le fait que nous pouvons avoir de l’empathie pour les personnages même s’ils ne prennent pas toujours la bonne décision, car cette décision aurait pu être la nôtre. Lorsque le patron de la banque d’investissement (Jeremy Irons) décide de vendre tous les actifs, même s’il sait que les marchés en seront bouleversés et des milliers de d’acheteurs perdront de l’argent, certains employés décident de démissionner et d’autres de rester. Ma tendance naturelle est de me rallier vers les démissionnaires, mais lorsque on apprend les motivations de ceux qui restent, nous ne pouvons que sympathiser. Étant parent travaillant à temps plein avec une hypothèque à payer, on ne peut toujours prendre des décisions selon nos principes, la sécurité que procure un revenu stable devient une motivation  aussi frustrant que cela puisse être…

Le scénario balance aussi bien entre les personnages et leurs histoires. Nous connaissons peu sur les nombreux personnages, mais c’est juste assez pour créer de l’empathie ou du mépris. Facilitant notre compréhension des personnages est le fait que nous sommes embarqués dans la bulle des employés de la banque d’investissements. Le film se passe presque uniquement sur l’étage de la salle des marchés, créant un sentiment claustrophobe étouffant, nous forçant à tout vivre avec les personnages et comprendre un peu plus sur ce monde dont je connaissais très peu. J’ai adoré avoir une fenêtre sur ce milieu de travail et sur son processus décisionnel, même si j’étais souvent abasourdie par la froideur du milieu.

En plus de ce côté plus humain, le scénario a habilement rendu cette histoire saisissante, nous tenant constamment en haleine, malgré que le jargon du milieu financier peu sembler intimidant, que nous avons tous connu cette crise économique et que l’histoire de cette firme sans nom ressemble étrangement à celle de Goldman Sachs…

Eric Dale (Tucci) apprenant qu’il est mis à pied…

Je ne pensais pas être aussi accrochée à un film sur ce sujet, le scénario en joue pour beaucoup. Je peux comprendre pourquoi cette excellente brochette d’acteurs souhaitait faire partie de ce projet malgré que leur salaire devant être en deçà de ce dont ils sont habitués. Avec un budget de 3,5 millions de dollars, nettement en dessous de la moyenne des films américains, nous sommes loin des 20 millions de dollars que Demi Moore a déjà reçu comme salaire!😉

LE MOT DE LA FIN : Un excellent film qui nous a passé sous le nez mais qui mérite d’être vu pour son intelligent scénario, sa distribution parfaite et sa mise en scène confiante. L’avoir vu l’an passé, lors de son année de sortie, je l’aurais définitivement inclut dans ma liste de meilleurs films de l’année. Verdict? LOUEZ-LE TOUT DE SUITE!

DERNIERS DÉTAILS: “Margin Call” (2011) réalisé et scénarisé par J.C. Chandor, mettant en vedette Kevin Spacey, Zachary Quinto, Paul Bettany, Simon Baker, Jeremy Irons, Demi Moore et Stanley Tucci.

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