“The Sessions”

De par mon travail à temps plein, j’ai le privilège de rencontrer de nombreuses gens d’âges, de milieux et d’origines culturelles variés ayant des incapacités physiques et/ou cognitives. Le lien que je développe avec eux en tant que Récréologue est particulier, l’approche est moins clinique que d’autres professionnels de la santé ce qui favorise davantage les échanges. Ce qui me touche parmi mes plus jeunes patients, c’est lorsqu’ils partagent leur frustration à ne pouvoir vivre comme tout autre personne de leur âge, en particulier au niveau de la sexualité; ils sont souvent cognitivement intacts mais leurs incapacités physiques limitent la possibilité de passer à l’acte et même se masturber. Il va sans dire que c’est une grande frustration pour eux. Conséquemment, “The Sessions” m’a interpellé puisqu’il s’aligne avec ce que vivent mes patients au jour le jour.

The-Sessions-poster

Le film est basé sur l’histoire vraie de Mark O’Brien (John Hawkes), poète et journaliste, qui est paralysé du cou vers le bas à cause d’une poliomyélite de l’enfant, il doit conséquemment passer la majorité de son temps dans un poumon d’acier, ne pouvant sortir de celui-ci que quatre heures à la fois. Il faut dire, pour mes lecteurs dans le domaine de la santé, que nous sommes au début des années 90 et la technologie au niveau de l’assistance respiratoire n’est pas aussi développée qu’elle l’est maintenant. Les poumons d’acier sont presque inexistants de nos jours. Pour revenir au film, O’Brien souhaite perdre sa virginité, mais entamer une relation avec une femme n’est pas quelque chose d’évident pour une personne avec sa condition. Après consultation auprès de son prêtre (William H. Macy), il embauche l’assistante sexuelle Cheryl Cohen Greene (Helen Hunt, excellente) pour lui permettre d’atteindre son objectif.

L’histoire est certainement touchante, mais le scénario ne lui rend pas justice, n’arrivant pas à développer la vie de O’Brien de façon adéquate. De un, le film aurait mérité des répliques un peu moins “sitcomy“, j’avais parfois l’impression de visionner une mauvaise comédie de situation américaine; les répliques essayaient trop d’être drôles, mais cela fonctionnait rarement, la comédie étant forcée. Conséquemment, le film reste prit par son scénario, quand il aurait bénéficié d’un meilleur scénariste. J’apprécie l’effort de convertir l’histoire en comédie, probablement pour alléger le sujet, mais le sentiment que j’en ai ressenti est de vouloir être un film indépendant “cool”; par contre, quand un essaye trop d’être cool, çela fonctionne rarement… Hélas, c’est la même impression que j’avais en visionnant “The Kids are Alright”, une autre comédie indépendante américaine essayant trop d’être drôle… il manquait juste le rire en canne…

Mark O'Brien (Hawkes, à droite) en consultation avec son prêtre (le toujours divertissant William H. Macy)

O’Brien (Hawkes, à droite) en consultation avec son prêtre (le toujours divertissant William H. Macy!)

Pour vous donner une meilleure idée, un élément me faisant croire que je visionnais une mauvaise comédie de situation est l’intrigue secondaire entre une des préposées aux bénéficiares de O’Brien et le réceptionniste de l’hôtel où O’Brien et Greene avaient leurs séances. Leurs scènes étaient remplies de blagues prévisibles et faciles qui tombaient constamment à plat; il va sans dire qu’elles n’étaient pas nécessaires.

Hawkes mais surtout Hunt se démarquent dans leurs rôles. Hawkes démontre sa versatilité, étant surtout connu pour des rôles de méchants, comme dans “Winter’s Bone”; il ne joue pas O’Brien en handicapé cliché, il le joue fort d’esprit mais avec aussi de l’insécurité charmante d’adolescent voulant perdre sa virginité. Le tout était bien parfaitement bien dosé. Quant à Hunt, qui avait pris une pause des projecteurs suite à avoir joué dans l’émission “Mad About You”, elle revient en force avec un rôle où l’empathie de son personnage aurait pu facilement être joué avec de la pitié. Je croyais en la sincérité de ses intentions d’aider O’Brien à se découvrir et devenir plus autonome, elle était parfaitement crédible en assistante sexuelle et rehaussait énormément la prestation de Hawkes.

PETIT TRUC DRÔLE: Adolescente, j’étais une grande fan de la série télévisée américaine “Chicago Hope”, mettant en vedette, entre autres, Mandy Patinkin et Adam Arkin. Patinkin est toujours dans notre paysage télévisuel grâce à “Homeland”, mais Arkin s’est fait plus discret dans les dernières années… c’était donc un réel plaisir de le revoir dans un petit rôle dans ce film, jouant le personnage du mari de Hunt.😉

LE MOT DE LA FIN: Malgré d’excellentes prestations de Hawkes et Hunt et un sujet intéressant, le côté comédie forcée m’a donné un haut le coeur faisant que j’apprécie peu le film. Dommage, car il y avait tellement de potentiel! Tant qu’à voir un film sur le même sujet, je vous recommande plutôt le film belge “Hasta la Vista”. Verdict? ATTENDEZ LE DVD! 

DERNIERS DÉTAILS: “The Sessions” (2012) réalisé et scénarisé par Ben Lewin, basé sur l’articles On Seing a Sex Surrogate de Mark O’Brien, mettant en vedette John Hawkes, Helen Hunt, William H. Macy et Adam Arkin.

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