“Life of Pi”

L’adaptation cinématographique du roman de Yann Martel était attendu depuis longtemps, tellement longtemps que j’avoue que je n’y croyais plus. Cela fait onze ans que le livre a laissé sa marque dans la vie de ses lecteurs, et est passé par une miriade de réalisateurs différents dans ce lapse de temps pour finalement attérir dans les bras de Ang Lee, le virtuose réalisateur taiwanais. Lorsque j’ai appris que “Life of Pi” allait finalement apparaître sur nos écrans cet automne, je me suis dit que le destin a bien fait les choses de nous faire attendre aussi longtemps. De un, les technologies du 3D et des effets visuels générés par ordinateur sont beaucoup plus avancés maintenant qu’il y a onze ans, facilitant la création des situations incroyables que vit Pi.

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Donc, cette vie de Pi est racontée par l’adulte Pi (Irrfab Khan), vivant maintenant à Montréal et racontant son histoire à un écrivain (Rafe Spall), qui s’est fait dire par un ami de la famille de Pi que celui-ci a une histoire tellement incroyable qu’elle lui ferait croire en Dieu. Cette histoire commence avec l’enfance de Pi (Suraj Sharma), mais tourne principalement autour du naufrage qu’il vit à l’âge de 16 ans, tuant toute sa famille, sauf lui et le tigre du zoo familial nommé Richard Parker. Malgré l’improbabilité de la situation, Pi et le tigre apprennent à s’apprivoiser et se tolérer, faisant en sorte qu’ils survivent 227 jours au milieu de l’Océan Pacifique. Pi apprend aussi à se connaître et à questionner sa foi en ses Dieux, changeant le cours de sa vie…

Premièrement, le film vaut la peine d’être vu en 3D. Je félicite toujours un film sans superhéros ou non-animé qui choisi d’être filmé en 3D; dans le cas de “Life of Pi”, l’expérience sensorielle des scènes ou Pi se trouve au milieu de l’océan sont embellies par le 3D, mais pour le reste, ça ne servait à rien.

Au niveau des effets spéciaux, mon opinion demeure mitigée. Le travail fait pour créer le tigre est très impressionant, j’ai eu de la difficulté à distinguer le vrai tigre du faux. La scène de pêche de poissons était tout aussi impressionante, voire époustouflante! Par contre, aussi beaux que pouvaient être certains paysages, il y avait certains environnements qui avaient l’air faux. Je pense encore une fois aux scènes tournées sur l’océan, la couleur du ciel et la texture de l’eau n’avaient guère l’air naturelles. Pourtant, l’un croirait que ce serait plus facile à reproduire qu’un tigre vivant, hélas, ce n’est pas le cas ici! Dommage car ces scènes en eaux troubles sont charnières et constituent le noyau émotif de l’histoire, la plasticité de l’environnement en a détruit l’effet.

Une des scènes avec laquelle j'avais de la difficulté car l'eau et le ciel n'ont pas l'air naturels...

Une des scènes avec laquelle j’avais de la difficulté car l’eau et le ciel n’ont pas l’air naturels…

Mais il y a aussi les acteurs à blâmer. Chapeau au réalisateur Ang Lee de ne pas avoir succombé à la pression du casting de vedettes pour son film, mais cela ne veut pas dire que les acteurs sont au calibre requit! Les acteurs étaient corrects mais sans plus. Je suis particulièrement déçue de Rafe Spall qui n’a pas su démontrer les émotions qu’un lecteur du livre vivrait en découvrant le petit twist à la fin; son regard étant étonnement vide tout au long du film, malgré l’incroyable histoire que Pi lui raconte. Suraj Sharma, l’acteur interprétant Pi à l’âge de 16 ans, n’est pas mauvais, mais il manque une présence et une expérience de jeu nécessaires pour un rôle ou il joue la majorité de ses scènes seul avec un tigre créé à l’ordinateur. Je pense notamment à Tom Hanks dans “Cast Away”: il faut avoir une forte présence à l’écran similaire à Hanks dans ce rôle pour pouvoir soutenir les scènes solitaires. J’aurais préféré un autre acteur.

Pour ses raisons, le film manque l’éclat du livre; l’impact que le film pourrait avoir sur les gens en est malheureusement effrité!

PETIT TRUC DRÔLE: Certaines scènes ont été tournées à Montréal, compte tenu que Pi adulte y vit. Mon petit truc drôle est l’itinéraire que prennent Pi et l’écrivain en quelques heures, que seuls des montréalais pourraient reconnaître. Donc l’itinéraire pour vous, chers montréalais: direction est à partir du boul. de Maisonneuve (coin Greene) dans Westmount, jusqu’au coin Saint-Antoine et Berri, et revenant vers l’ouest avec un arrêt jasette sur un banc dans le Vieux-Port, près du Quai Jacques Quartier. Selon Google Maps, cet itinéraire prendrait environ une heure deux minutes, pour l’aller, donc plus de deux heures en allez-retour! J’ai estimé la durée maximale de leur marche comme étant trois heures de long, soit entre la fin de leur dîner et le retour de la femme et les enfants de Pi à la maison, donc le tout serait logique! Je tiens à préciser que cet initinéraire est approximatif, basé sur la mémoire visuelle d’une native de Montréal😉

LE MOT DE LA FIN: Un film visuellement attrayant, mais manquant une étincelle faisant qu’il ne reste gravé dans notre esprit, tout comme le livre l’a été pour milliers de gens. Je blame principalement l’interprète principal, Sharma n’est pas un mauvais acteur, mais il manque l’expérience de jeu pour nous captiver pendant deux heures, deux heures ou il est majoritairement le seul humain à l’écran. Dommage car Ang Lee a tout de même fait un bon travail. J’avoue avoir de la difficulté à imaginer un autre réalisateur pouvant prendre le risque d’adapter ce livre à l’écran, il faut croire que cela aurait pire n’était-ce de Lee derrière la caméra! Verdict? PETIT PRIX DU MARDI (la seule raison pour laquelle je mets cette cote est car je crois que le film mérite d’être vu sur grand écran pour apprécier  les effets spéciaux rehaussés par le relief 3D; sinon, ce serait ATTENDEZ LE DVD!)

DERNIERS DÉTAILS: “Life of Pi” (2012) réalisé par Ang Lee, scénarisé par David Magee, basé sur le roman Life of Pi de Yann Martel, mettant en vedette Suraj Sharma, Irrfan Khan, Rafe Spall, Tabu et Gérard Depardieu.

6 thoughts on ““Life of Pi”

  1. Nice review, my French is a bit rusty, but could follow what you were saying. I was worried that one actor for long periods of time might be an issue, but with all the positive reviews I will find out myself.

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    • In my case, I didn’t think that Suraj Sharma had the acting experience and presence to pull off being alone on screen for such long periods of time. I know it’s not his fault as it was his first film role, and that it must be difficult to find a young actor with the appropriate experience to carry the weight of this story; but to me Sharma didn’t cut it and hence, the powerfulness of the message was affected. But same goes for some of the other actors of the film, they lacked the emotional depth required to pull off the story.

      I look forward to reading your review. Thanks for the comment, Nostra!🙂

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