“Anna Karenina”

L’oeuvre de Leon Tolstoï “Anna Karenina” n’en est pas à sa première apparition sur grand écran; en fait, cette plus récente version réalisée par Joe Wright est la douzième à avoir été créée pour le cinéma. Wright, n’étant pas un cinéaste conventionnel, décida de mettre en scène son film exclusivement dans un théâtre! Cette approche qui m’intriguait énormément, renforçant la signification de la célèbre phrase de Shakespeare: “All the world’s a stage, and all the men and women, merely players”. (“Le monde entier est un théâtre, et tout le monde, hommes et femmes y sont acteurs.”)

anna-karenina-posterCette histoire tragique se déroule au 19e siècle au sein de la noblesse russe, elle met en scène Anna Karenina (Keira Knightley), épouse du ministre Alexei Karenin (Jude Law, méconnaissable) et personnalité mondaine de Saint-Pétersbourg. Lorsque Anna se rend à Moscou pour aider à résoudre les problèmes conjugaux de son frère adultère (Matthew Macfadyen), elle croise le jeune comte Vronsky (Aaron Taylor-Johnson) qui n’a des yeux que pour elle. Anna et Vronsky entament une aventure qui aura des conséquences néfastes sur toutes les personnes et toutes les facettes de leurs vies… 
 
Ce qui frappe le plus durant les premières minutes de visionnement, c’est la façon créative avec lequel le décor de théâtre est utilisé. La fluidité de la mise en scène est telle qu’après un certain temps, nous ne remarquons plus que des décors sont constamment en déplacement. Le travail de synchronisme est à féliciter car il est clair que ce devait être beaucoup plus complexe de faire ce film dans les limites d’espace d’un théâtre. De plus, Wright a réussi à faire en sorte que son environnement atypique ne soit pas distrayant pour l’auditoire, en fait, il nous gardait captivé tout le film durant; au lieu d’être une contrainte, ce que j’appréhendais, le théâtre embellit l’histoire. Ceci n’aurait pas pu fonctionner avec n’importe quelle histoire, mais avec une tragédie romantique telle que “Anna Karenina”, je ne peux imaginer meilleure atmosphère, le théâtre étant souvent plus romanesque comme ambiance, ajouté à cela les magnifiques costumes et splendides décors du film. Chapeau à Wright d’avoir réussi son pari!
Anna Karenina (Knightley) et le Comte Vronsky (Taylor-Johnson).

Anna Karenina (Knightley) et le Comte Vronsky (Taylor-Johnson).

Je n’ai pas lu le roman de Tolstoï, donc je ne peux dire si le film est fidèle au livre, mais si je compare à d’autres tragédies romantiques, le ton était bien soutenu et ne devenait jamais sirupeux, ce qui est souvent le problème de ce type de film.
 
Keira Knightley est touchante dans le rôle titre, mais n’arrive pas à nous faire vivre une empathie face à la peine et la douleur d’Anna, spécialement lorsqu’elle se fait ostracisée par la haute société qui la vénérait tant. Hélas, Knightley n’est pas une actrice terrible, mais son jeu est souvent en deçà de ce qui est requit de son rôle, je pense particulièrement à sa douloureuse prestation dans “A Dangerous Method”. Knightley est nettement meilleure ici, mais son jeu reste en surface, n’arrivant pas à toucher la corde sensible du spectateur. Par contre, les acteurs jouant les deux amoureux d’Anna se démarquent. Aaron Taylor-Johnson dans le rôle du Comte Vronsky démontre une grande évolution dans son jeu depuis qu’il a été remarqué dans “Kick-Ass”; et Jude Law, à mille lieux des rôles de jeunes premiers qu’il jouait il y a un certain temps, a un jeu plutôt sobre et empreint d’une retenue et d’une force de caractère qui font en sorte qu’il est l’âme et la voix de raison du film, par opposition au coeur hyperémotif que représente Anna Karenina. 
Alexei Karenin (Jude Law): je vous l'avais dit qu'il ne se ressemble pas!

Alexei Karenin (Jude Law): je vous l’avais dit qu’il ne se ressemble pas!

LE MOT DE LA FIN: Une adaptation unique du classique de Tolstoï qui vaut principalement la peine d’être vue sur grand écran à cause de la somptuosité des décors et l’époustouflante direction artistique ainsi que pour rentrer pleinement dans le bain de cette mise en scène théâtrale. Verdict? PETIT PRIX DU MARDI!

 
DERNIERS DÉTAILS: “Anna Karenina” (2012) réalisé par Joe Wright, scénarisé par Tom Stoppard, basé sur le roman Anna Karenina de Leon Tolstoï, mettant en vedette Keira Knightley, Aaron Taylor-Johnson, Jude Law, Matthew Macfadyen.

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