“Henry”

Si ce n’était des nominations aux Oscars, je n’aurais jamais su que Yan England, comédien québécois, avait aussi une carrière parallèle de réalisateur. Lorsque la nomination surprise dans la catégorie Meilleur Court-métrage fut annoncée le matin du 10 janvier, les médias québécois ont naturellement pris d’assaut cette nouvelle. Le film a aussi prit vie en salles obscures en étant présenté avant certains long métrages, en plus de se retrouver sur Illico et sur YouTube; c’est dans ce contexte que j’ai pu visionner ce court-métrage.

affiche henry yan englandInspiré de la vie de son grand-père, “Henry” tourne autour du personnage titulaire (Gérard Poirier) atteint de démence et sa perception des choses et de sa vie avec cette maladie. C’est une perspective intéressante, rare est-il que les films parlant de démence ou de l’Alzheimer nous présentent le point de vue de la personne atteinte. Les vingt-et-une minutes du film voyagent entre le passé et le présent. Nous sommes témoins de la rencontre d’un jeune Henry (Hubert Lemire) avec sa future épouse Maria (Ariane-Li Simard-Côté), la naissance de leur fille Nathalie, entrecoupé avec des épisodes de confusion oû l’aîné Henry cherche sa belle Maria (Louise Laprade), tout en essayant d’être calmé par une dame mystérieuse (Marie Tifo)…

Les comparaisons avec “Amour” sont inévitables, les deux films traitent d’un couple de musiciens âgés dont un des membres tombe malade, mais les similitudes arrêtent là. “Henry” a un ton plus mélodramatique que “Amour”, film plus cru. Ce choix de ton affaiblit quelque peu le propos. Même si touchant par moments, j’aurais préféré vivre davantage la noirceur de la maladie et dans la tête d’Henry, que prendre le parcours narratif conventionnel choisi par England, soit de vivre en flashbacks les grands moments de la vie d’un homme… De plus, quelques inconsistances m’ont empêché d’accrocher complètement dans l’histoire, entre autres (SPOILER!) le fait que la fille de Henry l’appelle par son prénom tout au long du film, sauf à la fin lorsque le moment a été choisi de révéler que la dame mystérieuse est, en fait, la fille de Henry! Pour l’avoir vécu personnellement et vu parmi les nombreux patients avec qui j’ai travaillé, je n’ai jamais vu d’enfant d’un patient atteint de démence nommer leur parent par leur prénom, même si le parent ne les reconnait pas…

Le vieux Henry (Poirier) parle au jeune Henry (Lemire)

Le vieux Henry (Poirier) parle au jeune Henry (Lemire)…

Par contre, les acteurs sont excellents, en particulier Gérard Poirier dans le rôle titre qui aurait accepté le rôle sans rémunération. On pourra dire que ça a valu la peine car, pour la première fois en ses soixante ans de carrière, Poirier se retrouve dans un film finaliste aux Oscars😉

LE MOT DE LA FIN: Un court-métrage bien ficellé mais dont l’histoire aurait pu être plus riche et forte émotivement. Reste que je suis tout de même impressionnée par le talent de réalisateur en devenir de celui qui jouait Einstein dans “Watatatow”!😉 Verdict? PETIT PRIX DU MARDI!

Cliquez sur le vidéo ci-bas pour visionner le film au complet.

DERNIERS DÉTAILS: “Henry” (2011) écrit et réalisé par Yan England, mettant en vedette Gérard Poirier, Marie Tifo, Louise Laprade.

One thought on ““Henry”

  1. Pingback: Oscars 2013: les nominations! | WATTS AT THE MOVIES

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