“Spring Breakers”

Je lis présentement le livre “Teach Yourself : Film Studies”, question d’en apprendre davantage sur les techniques du cinéma et renforcer mes critiques. Ceci étant dit, une forme narrative discutée dans le film est la forme piétonnière, soit un film dont la somme n’est pas plus que ses parties et qui ne s’élève pas à un niveau supérieur de signification visuelle. “Spring Breakers” est un parfait exemple de forme piétonnière!

Spring Breakers poster

Angel (Vanessa Hudgens), Faith (Selena Gomez), Cotty (Rachel Korine) et Brit (Ashley Benson) sont quatre amies d’enfance maintenant à l’université dans la petite ville sans nom dans laquelle elles ont grandi. Les filles sont assoiffées d’aventure et économisent leur argent depuis le début de l’année scolaire pour pouvoir partir en Floride durant la célébrissime semaine de relâche/débauche nommée spring break. En manque de sous, trois des filles cambriolent un restaurant local et partent à l’aventure. Durant leurs premiers jours, les filles participent à des fêtes où sexe, drogue et alcool sont au rendez-vous. Lors d’une fête excessivement arrosée où de la cocaïne a été consommée, les filles se font arrêter par la police mais Alien (James Franco), un trafiquant de drogues et d’armes du coin, décide de payer leur caution, cette liberté est de courte durée car il les embarque plutôt dans une descente aux enfers qui changera leurs vies à jamais…

Le réalisateur Harmony Korine, que je connais de réputation mais dont je n’avais vu aucun film avant celui-ci, m’a toujours donné l’impression d’être un auteur provacateur, qui choque mais avec un message bien ciblé. Ce n’est pas mon impression de “Spring Breakers”, il ne semble y avoir rien de plus que la somme de ses parties; un film qui prétend choquer mais qui n’offre rien de nouveau ou qui n’a pas été fait auparavant. Ce n’est pas parce que ce sont des jeunes femmes en bikini qui tirent des fusils et prennent de la drogue dans un film coté 16 ans et plus que la valeur choque et la nouveauté sont au rendez-vous!

Brit (Benson). Angel (Hudgens), Brit (Korine) et  Faith (Gomez) lors de leur comparution en cour.

Brit (Benson). Angel (Hudgens), Brit (Korine) et Faith (Gomez) lors de leur comparution en cour.

En fait, ça sent le désir d’être à la mode (mainstream) pour de nombreuses raisons : le choix d’anciennes vedettes adolescentes voulant nous faire oublier leur passé de bonne fille en prenant un rôle dans ce film. Je pense particulièrement à Selena Gomez (l’ex de Justin Bieber!) et Vanessa Hudgens (l’ex de Zac Efron!), deux actrices que je n’aurais jamais imaginé dans ce genre de film il y a quelques années. Il y aussi la musique choisie qui est non seulement commerciale (Skrillex, Nelly, Nikki Minaj, Ellie Goulding, etc.) mais remplie constamment l’espace auditif pour la durée du film! En effet, il y a à peine quelques moments de silence durant le film, les dialogues sont continuellement accompagnés de musique, ce que je trouvais insupportable. L’imagerie d’un film peut être tout aussi importante que ses dialogues et sa musique, puisqu’il y avait constamment du « bruit », c’était distrayant et ne mettait pas en valeur la photographie (je reviens sur ce point ci-bas). Ceci donne le sentiment que le scénario de Korine était tellement faible qu’il devait le camoufler de musique…

Il y a quand même un point fort : la direction photo. Même si celle-ci se fait eclipser par le choix de musique en continu de Korine, il y avait plusieurs superbes plans larges des plages de la Floride, mais aussi des plans rapprochés d’éléments façonnant l’environnement des quatre filles : l’université, le dortoir, leur environnement familial. J’ai particulièrement aimé le plan continu du cambriolage où nous suivons Cotty, dans la voiture, qui roule autour du restaurant où Brit et Candy font le vol à main armé (de pistolets jouets!). La voiture fait le tour du restaurant, suivant donc les deux filles alors qu’elles courent à l’intérieur, intimident les clients, volent l’argent et ressortent pour sauter dans la voiture qui était toujours juste devant nous. Je trouvais le plan bien choisi puisqu’il nous plongeait dans l’atmosphère d’un vol à main armé produit par des jeunes adultes assoiffées d’argent. Au moins il y avait des qualités visuelles, cela compensait pour le manque de qualités narratives!

LE MOT DE LA FIN : Fort probablement un des pires films de l’année; il y a de quoi de décevant lorsqu’un auteur respecté succombe à la tentation du commercialisme; “Spring Breakers” empestait de cela! Verdict? NE PERDEZ PAS VOTRE TEMPS AVEC CE FILM (à moins d’être un fan de Skrillex car vous allez être servi de sa musique tout le long du film)!

DERNIERS DÉTAILS : “Spring Breakers” (2013) écrit et réalisé par Harmony Korine, mettant en vedette Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson, Rachel Korine et James Franco.

3 thoughts on ““Spring Breakers”

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