Watts Off Topic: le livre “Twelve Years a Slave”

Au quinzième jour du mois, je me permets de parler d’autre chose que du cinéma, d’ou le nom de cette chronique, Watts Off Topic😉

Il m’est difficile de trouver le temps de lire, donc quand je lis un livre je veux que celui-ci soit tellement bon au point où il m’accroche assez pour survivre des journées successives de non-lecture. Hélas, certains livres sont à l’abandon chez moi, ramassant poussière dans ma bibliothèque avec un signet figé au tiers, espérant qu’un jour je veuille les reprendre dans mes mains. « Twelve Years a Slave » est un livre qui a survécu mon absence, qui m’a grandement émue, touchée et attristée plus que n’importe quel autre livre depuis des années. En fait, je ne me souviens pas avoir été aussi ébranlée émotivement par un livre (et je dis ceci de façon très positive) depuis que j’ai lu « The Catcher in the Rye » de J.D. Salinger à mon adolescence…

Twelve-Years-a-Slave-solomon northup

« Twelve Years a Slave » est l’autobiographie de Solomon Northup, un homme noir libre de New York ayant été kidnappé et vendu en esclavage dans le sud des États-Unis en 1841, plus précisément en Louisiane, avant sa libération éventuelle douze ans plus tard. Le livre m’a ouvert les yeux sur le commerce illégal de vente d’hommes noirs libres en esclavage dans les états du Nord, où nombreux noirs libres furent trompés par des blancs voulant se faire de l’argent rapidement. Northup, marié et père de trois enfants, vivait et travaillait principalement dans la région de Saratoga Springs, mais puisqu’il était un violoniste accompli, il se faisait parfois sollicité pour jouer dans des hôtels ou résidences de familles aisées lors de grandes fêtes.  C’est justement à cause de son talent pour le violon que Northup accepta un contrat offert par un (faux) cirque voyageur question de se faire un peu d’argent pendant l’hiver avant de pouvoir reprendre son travail dans la construction des chemins de fer au printemps. Hélas, il ne savait pas que ce contrat aller l’amener beaucoup plus loin que le Washington DC promis. Et donc, pendant douze ans, Northup travaillât pour différents maîtres, dont le terrible Edwin Epps, avant que l’aide d’un bon samaritain, un menuisier canadien du nom de Bass, l’aida à retrouver sa précieuse liberté.

twelve years a slave book northup

Dès les premiers mots, j’avais l’impression que Solomon Northup me parlait, qu’il me prenait par la main et m’amenait dans son univers. J’eus l’impression de vivre, en tant que témoin, les atrocités qu’il vécut en tant qu’esclave. La sincérité de son propos m’a émerveillée ainsi que son habileté à nous embarquer si facilement dans son histoire. C’était parfois difficile à digérer, j’ai souvent eu le cœur fendu en quatre et les larmes aux yeux, mais le ton de Northup est tellement empreint d’espoir que je ne pouvais arrêter de lire. Il est clair que Northup arrive à retrouver sa liberté et donc cet espoir pourrait être perçu comme venant de son retour à la normalité, mais je crois que c’est plus fort que cela car si Northup a pu s’en sortir, c’est parce qu’il avait une soif de vivre et un amour inébranlable pour ses enfants qui le motivaient malgré les moments de noirceur. Il souhaitait tellement vivre pour au moins tenir ses enfants dans ses bras une dernière fois que toute torture, toute labeur ne pouvait tuer son moral.

LE MOT DE LA FIN : « Twelve Years a Slave » est un incontournable de la littérature historique américaine. C’est très émouvant mais vaut la peine d’être lu pour avoir le privilège de vivre et surtout comprendre ce que les américains noirs ont vécu durant une triste page de leur histoire. Ne soyez pas effrayés par le bagage émotif du livre car Northup vous y amène doucement par la main, sa soif de vivre étant contagieuse et palliant la charge émotive des événements difficiles. Verdict? À LIRE ABSOLUMENT !

6 thoughts on “Watts Off Topic: le livre “Twelve Years a Slave”

  1. Exactement, comme je le pensais. C’est un Grapes of Wrath, je ne suis pas constitué mentalement pour absorber toute cette misère. C’est sûr que je vais pleurer jusqu’à la fin. Belle chronique madame Watts !!!

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    • Merci Monsieur Morin!!
      La force, la rage de vivre mais surtout l’espoir de Solomon Northup m’ont tellement interpellé que je ne pouvais décrocher de cette lecture, malgré la misère de la situation. J’en ai encore des frissons! J’adore quand un livre me fait vivre des émotions comme ça!!

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  2. Ahun billet qui me donne envir de lire ce livre et qui me rappelle un roman sur Haiti et toussaint louverture qui m avait tout autant émue

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    • ​Hé Yo! Je suis contente de savoir que ça te tente de le lire, serait-ce parce que ton British boyfriend Cumberbatch est dans le film?😉 Je peux te le prêter, mais si tu ne peux attendre, une nouvelle réédition est maintenant en librairie justement à cause de l’adaptation cinématographique!

      Quel est le titre du livre dont tu parles? Je suis intriguée!

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