“Dust Bowl Ha! Ha!”

Premier film et court-métrage du réalisateur Sébastien Pilote, “Dust Bowl Ha! Ha!” nous initie à la réalité stylistique et thématique de celui qui allait faire les inoubliables long-métrages “Le vendeur” et “Le démantèlement”.

dust bowl ha ha

Ce court-métrage de 14 minutes suit un homme sans emploi, dû à la fermeture de l’usine l’employant, pendant une journée complète. Nous le voyons dans différentes activités meublant son temps: vendant sa moto-neige, attendant son tour au centre d’emploi, faisant le plein d’essence, etc. Le tout est présenté en vignettes étiquettées d’une plage horaire tel un quart de travail (7h à 12h, dîner, 13h à 15h, fin de la journée), avec une voix hors-champ (principalement celle du personnage principal, parfois d’une personne le côtoyant), jusqu’à la fin de la journée ou notre personnage principal sans nom est en train de souper avec sa famille et démontre, bien malgré lui, la douleur et la peine l’habitant…

Les films de Pilote mettent en scène le mal de vivre qui sévit dans les communautés rurales suite aux fermetures d’usine et à la mort en douce des fermes familiales, entre autres. Le titre est inspiré du phénomène du dust bowl, soit les sévères tempêtes de poussière ayant frappé les états du mid-west américain et des prairies canadiennes lors de la grande dépression et affectant dramatiquement l’économie de ses régions; nous ne vivons pas de dust bowl physique, mais nous vivons certainement un dust bowl idéologique avec l’économie mondiale en éclatement, le capitalisme ne fonctionnant plus comme désiré… Avec ses deux long métrages fraichement dans mon esprit, je vois comment ce court a su prendre vie en dehors de son Saguenay natal avec son succès dans différents festivals de films: la crise économique mondiale eut lieu l’année suivant la sortie de « Dust Bowl Ha! Ha! », son message se reflétait donc dans la réalité de millions de gens à ce moment.

Un homme...

Il regarde le temps passer…

Malgré la courte durée du film, Pilote arrive à nous faire vivre la souffrance de son personnage principal sans nom, tel que mentionné ci-haut, probablement pour refléter le fait que ce travailleur n’est qu’un numéro comme un autre aux yeux de son employeur. La cinématographie soutient notre venue dans la réalité de ce village en deuil de son usine, nous mettant parfois mal à l’aise par la froideur de l’environnement, surtout lors de la dernière scène. Mon seul bémol est l’utilisation de la voix hors champ; j’eus souvent l’impression que le texte était lu et non raconté, ce qui m’empêchait de complètement vivre les émotions du personnage principal. Ceci n’est pas extrêmement problématique, comme la critique le témoigne jusqu’à maintenant, mais assez pour me faire décrocher du film par moments…

LE MOT DE LA FIN : Un court émouvant et esthétiquement impressionnant, nous emphatisant à la réalité de la perte d’emploi. Verdict? À VOIR ABSOLUMENT! Et pour ceux voulant le voir mais ayant de la difficulté à trouver ce court-métrage, il se retrouve sur le DVD de « Le vendeur ».  

DERNIERS DÉTAILS: “Dust Bowl Ha! Ha!” (2007), scénarisé et réalisé par Sébastien Pilote, mettant en vedette André Bouchard, Gérald Pilote et Jean Wauthier.

6 thoughts on ““Dust Bowl Ha! Ha!”

  1. Ça me dis rien, c’était sur le dvd du vendeur !
    J’ai dû négliger de vérifier les extras lorsque je l’ai eu entre les mains… Ihre Musterschüler ne risque pas de marquer des points ce soir, ni de faire la fierté de Frau Professor.
    Oups

    Like

    • Je ne réponds ici que par politesse d’administratrice de blogue… il va falloir que je te repasses le DVD du Vendeur pour que tu puisses écrire un commentaire plus pertinent, en plus d’enrichir ta culture cinématographique québécoise! Ah la la Schüler! #stillsomuchtolearn #stillclosetoayearbeforeendofDEO

      Like

  2. C’est intéressant, on suit ici le même filon que dans le Vendeur et on peut facilement croire qu’un a inspirer l’autre. J’aime le rythme lent de l’action, mais je n’aime pas celui précipiter de la narration qui manque effectivement de naturel. Ça créer un effet d’opposition dérangeant qui empêche de suivre le personnage dans la profondeur de son émotion, de sa réalité.

    Like

    • C’est vrai qu’il y a un sentiment de précipité dans ce film, mais je crois que c’est le triste défaut du court métrage. Les histoires de Sébastien Pilote se chevauchent et se complètent, il est tout à fait naturel que tu aies retrouvé des éléments du Vendeur dans Dust Bowl. Personnellement, je crois que la brusquerie de la fin du film fait en sorte que de nous ne pouvons que nous attacher davantage au personnage. La lourdeur de ses jours et du temps à perdre ne font qu’ajouter à notre empathie envers lui. Ça fait mal parce que c’est vrai!

      Like

      • Pas d’accord! tous les court-métrage n’ont pas un rythme précipité et sans la narration s’était parfait. En fait je crois même que ce court-métrage en particulier pourrait très bien se passer du commentaire narratif et le rythme serait alors parfait.

        Like

Commentaires? Comments?

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s