“The Fifth Estate”

J’anticipais positivement le retour de Bill Condon à un film plus « sérieux », lui qui a pataugé dans l’univers “Twilight” le temps de réaliser les deux derniers films de la saga…  Même si le sujet est plus sérieux, le traitement de l’histoire de WikiLeaks, et plus particulièrement la relation trouble entre son fondateur Julian Assange (Benedict Cumberbatch) et collaborateur de longue date Daniel Domscheit-Berg (Daniel Brühl), a une structure narrative absurde, voire farfelue… Vous avez bien lu!

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Relatant ses exploits de divulgation d’informations secrètes entre 2007 et 2010, « The Fifth Estate » ne nous en apprend pas beaucoup plus sur WikiLeaks et son fondateur Julian Assange. Après tout, nous sommes dans l’ère de la surinformation donc il fallait vivre dans une cave pour ne pas être au courant de ce qui WikiLeaks a fait. Compte tenu que le film soit partiellement basé sur un livre écrit par Berg, il fallait s’attendre à ce que le film soit biaisé en faveur de Berg, conséquemment Assange nous apparaît comme étant autoritaire, manipulateur, menteur, tous des traits qui sont probablement vrais; en revanche, Berg nous apparaît simplement comme naïf, une molle voix de raison, et un pion dans ce dangereux jeu d’échecs nommé WikiLeaks. Les personnages n’étaient pas assez nuancés, Assange rentrant dans le moule “méchant” et Berg dans le moule “gentil”. Assange devait avoir des bons côtés après tout? Berg devait être plus impliqué qu’il n’en laisse paraître? Enfin, ces étiquettes collées à Berg et Assange ne les rendaient pas très crédibles à mes yeux…

Pire que ce point de vue biaisé est l’incompréhensible choix d’utilisation d’effets spéciaux pour aucune raison logique! Je m’explique : lorsque Assange et Berg se rencontrent au début du film, Assange souhaite échanger avec Berg sur son projet WikiLeaks mais ne veut pas le faire à voix haute. Les deux se rendent donc dans un café discutent via clavardage. Non seulement les acteurs lisent ce qu’ils tapent via voix hors-champ (acceptable), mais ce texte défile aussi sur leur visage en lumière néon verte, la même couleur que le texte de leur clavardage (INACCEPTABLE!). Mais pourquoi ce besoin de mettre en images le texte? Ça frôlait le ridicule…

AHHH!!! Pourquoi y'a du texte sur la face?????

AHHH!!! Pourquoi y’a du texte sur la face?????

…mais d’autres exemples d’utilisation non-nécessaires d’effets spéciaux rendirent le film complètement ridicule. Lorsque Berg décida de saboter le site web de WikiLeaks à la fin du film, Condon ne pouvait pas se contenter de simplement nous montrer Berg et son collègue Marcus (Moritz Bleibtreu) en train de détruire les codes de programmation qu’ils avaient créés, mais nous voyons aussi Berg dans une salle vide imaginaire en train de brûler des livres et des journaux! Mais pourquoi devoir le démontrer aussi de cette façon? Car l’auditoire ne peut comprendre l’impact des actions de Berg sans le voir physiquement détruire de la documentation? Je l’avais compris moi, et je suis certaine que beaucoup d’autres l’avait aussi! Ce type de scène me frustre car cela me donne l’impression que le cinéaste sous-évalue l’intelligence de son auditoire. C’est insultant! Bill Condon, I am not impressed!

AH NON!!! PAS ENCORE DU %?$%?$? DE TEXTE SUR LA FACE!!!!!!!!!!!!!!

AH NON!!! PAS ENCORE DU %?$%?$? DE TEXTE SUR LA FACE!!!!!!!!!!!!!!

Les prestations des deux acteurs principaux sont solides (après tout 2013 est l’année de Benedict Cumberbatch mais aussi celle de Daniel Brühl!); je croyais en cette relation entre maître manipulateur et élève impressionnable. Les nombreux acteurs de soutien, dont Laura Linney, Alicia Vikander et Stanley Tucci étaient également très bon, j’ai bien peur que ce soit le seul point fort du film!!

SO OSCAR GEEK, WILL IT GET NOMINATED? Non! Les critiques sont assez terribles et dans cette réalité où une dizaine de films sortent par semaine, « The Fifth Estate » ne survivra dans la mémoire des membres de l’Académie des Oscars. La prestation de Cumberbatch aurait mérité une citation, mais la compétition dans la catégorie d’Acteur dans un Premier Rôle est assez féroce cette année. Le seul espoir serait pour Daniel Brühl dans la catégorie d’Acteur de Soutien… mais pour le film “Rush”!😉

PETIT TRUC INTÉRESSANT: Le point de vue d’Anke Domscheit-Berg. Vous l’aurez deviné, elle est l’épouse de Daniel Domscheit-Berg, et nous partage les différences entre les faits qui la concernent et la fictionalisation du film. Le texte est en allemand mais un passage par Google Translate vous donne une certaine idée de son point de vue: http://ankedomscheitberg.de/?p=497

Anke Domscheit-Berg est un des personnages du film, interprété par Alicia Vikander. S’il y a un point que je souhaite mentionner ici, c’est le fait que Vikander est VINGT (!!!) ans plus jeune de Mme Domscheit-Berg, ce qui ne cadre pas avec la réalité du film dont l’action se déroule entre 2007 et 2010. Vikander a 25 ans et Domscheit-Berg en a 45. Était-ce pour créer une romance plus plausible dans l’univers hollywoodien où les femmes plus âgées ne se mettent pas en couple avec des hommes plus jeunes? Après tout, Daniel Brühl et Daniel Domscheit-Berg ont 35 ans… Now, I’m really NOT impressed!

LE MOT DE LA FIN : Si vous voulez connaître les grandes lignes de la vie de WikiLeaks, ce film peut valoir la peine. Sinon, ce sont juste les prestations d’acteurs qui rendent le film intéressant. Mais à la base, ce film se prend beaucoup trop au sérieux, évaluant mal son importance au point d’insulter notre intelligence! Verdict? ATTENDEZ LE DVD… et même là, attendez qu’il ne fasse plus partie des nouveautés!

DERNIERS DÉTAILS : « The Fifth Estate » (2013) réalisé par Bill Condon, scénarisé par Josh Singer, basé sur les livres Inside WikiLeaks : My Time with Julian Assange and the Most Dangerous Website de Daniel Domscheit-Berg et WikiLeaks : Inside Julian Assange’s War on Secrecy de David Leigh et Luke Harding, mettant en vedette Benedict Cumberbatch, Daniel Bruhl, Moritz Bleibtreu, Alicia Vikander, Laura Linney, Stanley Tucci et David Thewlis.

5 thoughts on ““The Fifth Estate”

  1. Ahh bah là, je suis mitigée… le sujet est vraiment intéressant et il serait pertinent que j’en apprenne plus sur l’affaire mais bon, j’ai peur d’être parfois un peu trop exaspérée.
    Et puis, euh, le texte sur le visage des personnages, ne devrait-il pas être à l’envers ? est-ce une réflexion grossissante par une loupe de ce qu.’il y a sur l’écran ?? ou alors un énorme miroir qui ne sélectionnerait qu’une ligne de l’écran .. mouhahaha, ça en est ridicule, en effet !

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    • Hahaha!!! Je n’avais même pas remarqué que le texte était dans le “mauvais” sens, ça rend le tout encore plus ridicule!!! Merci!! Mais comme je l’écrivais, le pire est à la fin lorsque Berg brûle des papiers pour symboliser la destruction du site web!!! Ah la la la!!! Je roule les yeux juste à y penser!!!

      Le sujet EST intéressant mais tous ces abus insensés d’effets spéciaux m’ont exaspéré, donc je crois que tu risques de l’être autant que moi😦

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  2. Pingback: But 2013 is also the year of Daniel Brühl (or at least, I want it to be!) | WATTS AT THE MOVIES

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