“Nebraska”

Alexander Payne est un réalisateur qui utilise les lieux de ses films comme des personnages. Il arrive à nous faire ressentir l’atmosphère d’un lieu comme si nous y étions vraiment. Puisque je n’ai que fait une brève escale à l’aéroport de Honolulu, je ne peux témoigner de cela pour le Hawaï de “The Descendants”, mais je peux certainement valider mon propos en ayant littéralement vécu le “Sideways” de Payne. Mon mari et moi sommes allés dans le comté de Santa Barbara souper aux restaurants, dégustant les vins aux vignobles du film… et même en restant dans la même chambre d’hôtel que Paul Giamatti et Thomas Hayden Church eurent dans le film (chambre 234 du Days Inn Windmill à Buellton, Californie, pour les intéressés!)😉 L’ambiance que nous avons ressenti en visitant cette partie de la Californie était la même que celle démontrée par le film, il faut le faire! Il va sans dire que sans avoir mis pied au Nebraska, j’ai l’impression d’y avoir été grâce à ce film, et malgré les préjugés accompagnant les états du mid-ouest américain, le Nebraska n’a pas l’air si mal que ça!

Favorite poster of 2013! Simply awesome!

Favorite poster of 2013! Simply awesome!

Payne est originaire de l’état du Nebraska et, mis à part les deux titres cités ci-haut, tous ses films se déroulent dans ce petit état américain. Il va sans dire que le choix de filmer dans un état si peu séduisant est un désir personnel de Payne; avoir un tel attachement à son état natal ne peut que créer une oeuvre intimiste, un réalisateur du calibre de Payne à la barre le transforme en oeuvre majeure. “Nebraska” est un classique de Payne; mais a-t-il déjà fait fausse route?

Woody Grant (Bruce Dern) est un patriarche âgé, alcoolique et colérique, en constante grogne contre son épouse Kate (June Squibb) et ses deux fils adultes David (Will Forte) et Ross (Bob Odenkirk). Woody s’entête à se rendre de sa ville de Billings, Montana à Lincoln, Nebraska pour réclamer un prix d’un million de dollars qu’il croit avoir gagné grâce à un concours de Publisher’s Clearinghouse (le genre de concours où vous avez la chance de remporter de l’argent si vous vous abonnez à des magazines…). Malgré le mécontentement de sa mère, David décide de conduire son père au Nebraska pour qu’il ait la conscience tranquille et donner une pause à sa mère. Il va sans dire que plusieurs rebondissements auront lieu sur la route offrant aux hommes la chance de se connaître de nouveau…

Woody (Dern) et David (Forte) en route vers le Nebraska!

Woody (Dern) et David (Forte) en route vers le Nebraska!

Au tout début, nous sommes rappelés le film le plus connu de Payne, “Sideways”, car tous les deux sont des road movies mettant en vedette deux hommes, mais la comparaison s’arrête là. L’histoire, la dynamique des acteurs, la structure narrative et le type d’humour sont tous des éléments qui diffèrent dans les deux films. “Nebraska” n’est donc pas un “Sideways” inférieur en noir et blanc, il est un excellent film de son propre chef!

Le choix de filmer en noir et blanc est particulier, j’eus d’abord l’impression que Payne voulut alléger la laideur des ennuyeuses villes du mid-ouest américain en lui enlevant la couleur. Plus je regardais le film, plus je changeais d’idée. Les paysages prirent une allure différente, plus pure; les personnages semblaient plus authentiques et sincères. Même si la couleur était absente, les détails des visages des acteurs ressortaient davantage, rendant leur émotion plus véridique. La vérité, le thème central du film, se porte mieux par le choix de la pellicule, un choix artistique justifié.

Bruce Dern, une sommité de son art, nous rappelle qu’il est toujours aussi pertinent à 77 ans qu’il l’était dans sa trentaine. Les autres acteurs sont superbes également, mais celui qui surprend est Will Forte. Vous le reconnaissez sûrement de l’émission Saturday Night Live, conséquemment cet humoriste s’est surtout fait connaître dans des rôles comiques dans cette émission et des mauvais films. Il apporte une naïveté et un cœur à David qui est parfait pour le rôle, contrebalançant la mauvaise humeur constante de son père. Nous ne comprenons pas toujours le timide David, mais nous comprenons pourquoi il a choisi d’amener son père au Nebraska, car il l’aime et sait que c’est la bonne chose à faire malgré qu’il soit clair, par son non verbal, qu’il n’est pas toujours à l’aise dans cette situation. Les lauriers que Forte reçoit récemment ne sont pas une conséquence directe des récompenses que reçoit Dern, Forte les méritent autant que Dern. Le chapeau va à Payne pour son excellent casting, comme d’habitude😉

Woody n'est pas content!

Woody n’est pas content!

SO OSCAR GEEK, WILL IT GET NOMINATED? Tel que cité ci-haut et écrit dans la colonne de droite de ce blogue, « Nebraska » a de fortes chances de se retrouver finaliste dans plusieurs catégories majeures aux Oscars. Les deux derniers films d’Alexander Payne étaient finalistes aux Oscars et suite à ses critiques élogieuses, je ne vois pas comment ce pourrait être différent pour « Nebraska »! Les catégories pour lesquelles le film risque d’être finaliste : Meilleur Film, Réalisateur, Acteur (Dern), Acteur de Soutien (Forte) et Scénario. S’il y a une sixième nomination, je crois que ce serait pour June Squibb en tant qu’Actrice de Soutien, elle est tout simplement hilarante!

LE MOT DE LA FIN: Touchant et drôle, un bon Alexander Payne nous réchauffe le coeur et nous fait rire, un excellent Alexander Payne est ceci en plus d’être inoubliable! “Nebraska” restera longtemps gravée dans ma mémoire, sa trame sonore joue constamment dans ma tête, fournissant un baume à mon traditionnel stress du mois de décembre… c’est définitivement un des meilleurs films de l’année! Verdict? À VOIR ABSOLUMENT! ÇA VAUT LE PLEIN PRIX! 

Un p’tit peu du merveilleux bluegrass du film:

DERNIERS DÉTAILS: “Nebraska” (2013) réalisé par Alexander Payne, scénarisé par Bob Nelson, mettant en vedette Bruce Dern, Will Forte, June Squibb, Bob Odenkirk et Stacy Keach.

11 thoughts on ““Nebraska”

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  6. En préparation des Oscars, j’ai vu Nebraska hier soir et j’ai vraiment aimé. Pour moi le noir et blanc permet de mieux présenter la lourdeur des sujets : la perte de santé mentale, la famille dysfonctionnelle, la communication inexistante depuis plusieurs années, des villes vides de rêveries… Le film sonne vrai et cru, même que certaines scènes étaient tellement véridiques. J’ai adoré la scène où tous les frères sont assis devant la télé et rien ne se passe, ainsi que plusieurs moments où la mère n’a aucune retenue dans ses propos. Le duo père-fils était vraiment bien soudé, belle chimie d’acteurs. Je pourrais sûrement en dire plus, mais je m’arrête là! 😉

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    • Je suis vraiment contente que tu aies aimé, Mélanie!! Comme tu le sais, j’ai tellement trippé sur le film que je n’ai pas arrêté d’en vanter les mérites depuis que je l’ai vu! Et le plus beau dans tout cela – pour moi – c’est que tous les gens qui l’ont vu suite à ma recommandation ont adoré! Quelle gratification!! Merci d’avoir commenté, ça me prouve que tu aies vraiment aimé!!🙂

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