“Fahrenheit 451”

Dans ma quête de voir du vieux (et bon) sci-fi, question de pallier le manque de bonnes science-fiction contemporaines, un visionnement de « Fahrenheit 451 » était dans les cartes. Adapté du classique dystopique de Ray Bradbury, que je n’ai honteusement pas lu, le film su se tailler une place parmi les listes de grands films de science-fiction. En d’autres mots, j’étais plus que due!

Fahrenheit 451

Dans un monde où l’individualisme et la pensée propre sont absents, les livres sont interdits. Les insubordonnés sont emprisonnés et les livres brûlés par des pompiers. Les mots sont absents, images et chiffres décrivent ce qui est nécessaire. C’est dans ce monde que vit un simple pompier nommé Guy Montag (Oskar Werner), qui travaille parce qu’il doit travailler, qui est marié avec Linda (Julie Christie), une femme qui prend des pilules et regarde la télévision à longueur de journée, parce qu’il doit l’être; ses choix sont sans réflexion et automatiques, comme le veut le gouvernement totalitaire. Un jour alors qu’il revient du travail, il croise sa voisine Clarisse (Christie de nouveau), jeune idéaliste qui le questionne sur son travail, cette première rencontre sèmera les fondements de la transformation éventuelle de Montag en sauveur de livres…

François Truffaut, dont l’admiration pour Alfred Hitchcock est bien connue, signe ici un film clairement inspiré de son idole. Que ce soit dans la thématique, le style, le choix d’une actrice blonde dans les rôles principaux et la trame sonore de Bernard Hermann, Truffaut signe tout de même un film qui lui est propre, un drame plutôt qu’un suspense, avec des éléments de science-fiction. Reste que le film déçoit quelque peu à cause d’Oskar Werner. La transformation de Montag est rapide et surprenante, partiellement une erreur scénaristique mais surtout une d’interprétation, le Montag de Werner manquait de crédibilité. Il jouait de façon tonique et ne s’efforçait pas à diluer son accent autrichien pour un accent plus; son personnage et son environnement le sont, après tout! Montag étant le personnage central et le pivot narratif, il aurait été impératif d’avoir une prestation plus authentique et nuancée par Oskar Werner. Enfin, ce qui est fait est fait, cela n’empêche pas que l’histoire soit fascinante et bien rythmée.

Le triste sort d'une femme qui préférait rester avec ses livres qu'aller en prison...

Le triste sort d’une femme qui préférait rester avec ses livres qu’aller en prison…

Le triste sort du livre est ce qui m’a interpellé dans ce film, car même si la fin tend vers l’espoir, il y a tout de même un fond de tristesse en la disparition physique du livre. Montag et Clarisse réussissent à quitter leur ville pour se retrouver à la campagne parmi les book people, un microcosme d’amoureux du livre qui font revivre les livres de façon alternative et légale. Les book people apprennent un livre par cœur dans le but de préserver son contenu pour ses pairs et les générations futures, mais la mémoire étant une faculté qui oublie, il y a tout de même le risque d’en perdre des parcelles au fil du temps… le livre ne pourra plus jamais être souvenu tel quel, comme il mérite d’être préservé! Ce qui prouve qu’ultimement, l’autorité a gagné…

Tel que mentionné plus tôt, Werner est peu convaincant dans le rôle de Montag, c’est plutôt Julie Christie dans ses deux rôles, qui vole la vedette. Nul besoin d’être psychanalyste pour figurer que ce judicieux choix de casting était pour mieux faire valoir les deux consciences de Montag, les deux femmes étant deux facettes d’une même médaille.

Bernard Hermann signe de nouveau une trame sonore exemplaire dont le glockenspiel retentissant restera à jamais gravé dans ma mémoire! L’alarme d’un camion de pompier n’aura plus la même résonance…

Le camion de pompier !

Le camion de pompier !

LE MOT DE LA FIN : Un film dont le sujet porte à réflexion: “Que serions-nous sans livres? Sans libre pensée?” À voir ce film, ce n’est pas dans ce type d’univers que nous souhaitons vivre et nous espérons que cela n’arrivera jamais! Verdict? À VOIR… quoique je me rappelle que j’ai du meilleur Truffaut à voir également!

DERNIERS DÉTAILS : « Fahrenheit 451 » (1966) réalisé par François Truffaut, scénarisé par Jean-Louis Richard et François Truffaut, basé sur le roman Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, mettant en vedette Julie Christie, Oskar Werner et Cyril Cusack.

4 thoughts on ““Fahrenheit 451”

  1. Là on parle! Que j’ai aimé ce film… Il m’a confirmé combien j’apprécie les films futuristes, les “qu’arriverait-il s’il n’y avait plus de… ou comment les gens se comporteraient si la pensée courante était de cette façon là…”. Que de films à te proposer… Equilibrium, 12 Monkeys, Harrison Bergeron, Brazil, Aeonflux, Planet of the Apes, Dune, Escape from New York, I Am Legend, Looper, The Matrix… J’en oublie c’est sûr… Même “Children of Men” que tu as apprécié est aussi dans cette même lignée où la société a changé puisqu’un élément essentiel est manquant. Mais le meilleur c’est The Terminator. 😉

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    • Merci pour toutes tes suggestions, Mélanie! Il y en a plusieurs que je n’ai pas encore vus, je prends note pour le futur. En effet, il semble que j’ai un petit faible pour les dystopies comme toi🙂 Oui, je connais ton amour pour “The Terminator”… et Michael Biehn!😉

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    • Bien d’accord!

      Moi j’aime celle où Montag force sa femme et ses amies à l’écouter lire l’extrait d’un livre, une amie n’arrête pas de pleurer, les autres sont dégoûtées… Oh que les livres sont cruels! Haha!

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