“Vertigo”

Aïe! Ce n’est vraiment pas le même James Stewart que dans « It’s a Wonderful Life »!

Tel que mentionné dans des critiques précédentes, je me rattrape côté Hitchcock. Parmi les quelques films que j’avais vu de ce grand maître, « Vertigo » est définitivement celui qui m’a le plus perturbé! Faut dire que j’avais juste vu “Psycho”, “Fenzy” et “North by Northwest”, peut-être que si j’avais vu “The Birds”…

Vertigo poster

Avant que j’aborde le synopsis, j’aimerais avertir le lecteur n’ayant pas vu “Vertigo” qu’il est difficile d’en parler sans dévoiler plusieurs détails qui sont mieux appréciés à l’écoute du film. En d’autres mots, si vous n’avez pas vu le film, ne lisez pas le reste du texte!

John « Scottie » Ferguson (James Stewart) vient de prendre sa retraite du service de police de San Francisco. Son acrophobie l’empêchant de travailler efficacement, il se culpabilise face à la mort d’un collègue qu’il aurait pu sauver. Une connaissance de longue date, Gavin Elster (Tom Helmore), l’embauche pour suivre et protéger sa femme Madeleine (Kim Novak), qu’il soupçonne d’être hantée par une ancêtre lui voulant la mort. Malgré le scepticisme initial de Scottie, celui-ci accepte le contrat de Gavin, mais devient de plus en plus fasciné, obsédé et amoureux de la sulfureuse blonde Madeleine que quand celle-ci se suicide, Scottie changera à tout jamais. Suite à une institutionnalisation pour cause de dépression sévère, Scottie ne fera que se promener à travers les lieux que Madeleine et lui fréquentèrent avant de croiser Judy Barton (Novak de nouveau), une brunette qui ressemble étrangement à Madeleine et qu’il voudra transformer pour faire revivre sa défunte amoureuse…

Scottie et Madeleine... ou Judy?

Scottie (James Stewart) et Madeleine (Kim Novak) avant que quelque chose de terrible n’arrive…

« Vertigo » a réussi à faire casser de façon dramatique cette image de bon gars que j’avais de James Stewart. Pas que Scottie soit « méchant » mais son obsession malsaine à s’attacher à une femme qui n’existe pas (et qui n’a jamais existé) est déroutante. Il faut comprendre que Gavin avait embauché Judy pour personnifier sa femme Madeleine, cette dernière habitant à la campagne plutôt qu’à San Francisco, il était facile pour Gavin de « remplacer » sa vraie femme par une autre lui ressemblant. Quand Madeleine interprété par Judy se jette du haut d’un clocher d’église, c’était plutôt la vraie Madeleine qui a été lancée par Gavin; emprisonné par son acrophobie, Scottie ne put se rendre au haut du clocher pour sauver la femme qu’il aimait. Gavin et Judy ont donc créée la version de Madeleine que nous voyons à l’écran pour Scottie, sachant qu’il serait incapable de surmonter sa peur des hauteurs, leur permettant de faire passer le meurtre pour un suicide. Vous me suivez?😉

Pour revenir au personnage de Scottie, nous pouvons tout de même nous identifier à lui, ses démons étant tristement réalistes. Scottie est un grand romantique qui est tombé en amour avec une femme qui n’a jamais existé, sa descente aux enfers est donc compréhensible. Quoique sa violente insistance à transformer Judy en Madeleine est troublante, mais démontre à quel point l’amour l’a rendu fou!

Psychedelic nightmare sequence! Poor Scottie!

Psychedelic nightmare sequence! Poor Scottie!

Hitchcock a su créer un suspense terriblement efficace en nous plongeant dans la psyché de Scottie. Son ingénieuse création de la technique de la lentille qui zoom tout en reculant la caméra est parfaite pour nous faire comprendre comment Scottie se sentait lorsqu’il vivait son acrophobie. Cette technique a été copiée maintes fois depuis et s’appelle maintenant l’effet vertigo. L’histoire tourne principalement autour de ce cher acrophobe, mais Hitchcock prit la sage décision de nous faire comprendre les motivations du personnage du Judy en dévoilant, au trois quart du film, ce qui s’est vraiment passé du haut de la tour du clocher. Étant tombé amoureuse de Scottie lorsqu’elle personnifiait Madeleine, nous comprenons pourquoi Judy se laisse manipuler par Scottie et accepte de se faire transfomer en Madeleine pour lui faire plaisir. En voyant le point de vue de Judy, nous comprenons que l’amour a vraiment rendu elle et Scottie aveugles au point où ils s’enfoncent tellement dans l’illusion qu’ils ne purent jamais agir ni prendre de décisions rationnelles, ce qui aura des conséquences néfastes. C’est triste tout de même… mais tellement bien fait!

LE MOT DE LA FIN : Il y a tellement d’autres choses que je pourrais dire par rapport à ce film, mais je m’arrête ici. J’ai l’impression qu’un deuxième visionnement (et peut-être un troisième…) m’aidera a mieux saisir les subtilités thématiques. On prend plaisir à se laisser manipuler par Hitchcock car, à la base, malgré l’histoire captivante et les innovations technologiques, il sait comment divertir! Un film que je veux et vais revoir car il n’arrive pas à quitter mon esprit! (Merci à mon frère de nous avoir donné le DVD, ceci facilitera la tâche d’un revisionnement!😉 Verdict? À VOIR ABSOLUMENT!

DERNIERS DÉTAILS : « Vertigo » (1958) réalisé par Alfred Hitchcock, scénarisé par Alec Coppel et Samuel A. Taylor, basé sur le livre D’entre les morts de Boileau-Narcejac, mettant en vedette James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes et Tom Helmore.

4 thoughts on ““Vertigo”

  1. Non, je ne suis pas! Un suicide déguisé, non, un homme torturé par ses démons, puis confronté de façon impuissante à la mort de celle qu’il aime, puis une autre femme apparaît d’où ? pourquoi ? Il cherche à la changer pour qu’elle prenne l’image de celle qu’il a perdu. La deuxième femme meurt aussi, non ? Je suis perdue… c’est ça qui arrive quand on triche!
    Ou alors c’est qu’Hitchcock est complètement tordu.

    Like

    • Guten abend Fraulein Schüler,

      Vous avisé visé juste, Hitchcock est complètement tordu, et ce film est celui où la perturbation hitchcockienne atteint son summum!

      Mais si tu veux découvrir celui-ci, il y aura un DVD pour toi à ton retour de vacances!😉 (Même si tordu, c’est terriblement divertissant. Le tordu des années 50 et le tordu des années 2000 est très différent…)

      Like

  2. Guten Morgen Frau Professor,
    J’ai trouvé qu’il y avait de la longueur, néanmoins les morceaux du casse-tête on prit leur place. Ça n’en reste pas moins tordu. Je suis un peu déçue de la contribution de Midge. Je croyais que ça part serait plus importante, en fin de compte elle aurait presque pu ne pas être là.
    Intéressant de voir la transformation de Scottie qui vient d’abord chercher notre sympathie jusqu’à ce que l’obsession pour la femme disparue le rende tout à fait effrayant.
    Numéro 3 : check

    Like

    • Guten abend!

      Tout d’abord, je confirme que # 3 est complété… avant que tu n’assume quoi que ce soit…😉

      Tordu est le mot et une troublante incursion dans la psyché d’un homme aveuglément amoureux… ne t’inquiète pas Schüler, les autres Hitchcock sont moins perturbants!😉

      Like

Commentaires? Comments?

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s