“Rear Window”

En tout cas, ils ne font plus de stars comme Grace Kelly !

L.B. « Jeff » Jeffries (James Stewart) a une jambe dans le plâtre suite à un accident de travail. Confiné à un fauteuil roulant depuis six semaines, il s’ennuie terriblement, se divertissant uniquement en regardant les voisins à travers sa fenêtre d’appartement du Greenwich Village. New York étant en période de canicule, les fenêtres de tous sont ouvertes. Un soir d’ennui à observer les voisins, il entend une dispute entre M. et Mme Thorwald, puis M. Thorwald (Raymond Burr) lavant un couteau et une scie et fermant ensuite une énorme valise… et plus aucun signe de Mme Thorwald ! Soupçonnant que son voisin ait tué sa femme, Jeff contacte un vieil ami, le détective Tom Doyle (Wendell Corey), pour lui partager les faits, ce dernier est peu convaincu de la culpabilité de Thorwald, mais plusieurs éléments présentés par Jeff et sa copine Lisa (Grace Kelly) feront en sorte que l’enquêtre que Doyle souhaite enterrer reviendra constamment à la surface.

rear window hitchcockUne étude intéressante sur le voyeurisme et le questionnement nécessaire qu’il apporte : est-ce éthique de regarder à travers la fenêtre du voisin? Non, vous dites? Mais que diriez-vous si vous soupçonnez que votre voisin ait tué sa femme? Cette question est au centre de « Rear Window », un Hitchcock nous tenant moins en haleine que « Psycho » ou « Vertigo » mais causant néanmoins un questionnement continuel en nous. Est-ce bien ou mal d’observer son voisin? Dans cette circonstance de meurtre potentiel, est-ce correct de le rapporter? Notre opinion personnelle chevauche entre le oui et le non dû aux opinions divergentes du Détective Doyle vs. Jeff et Lisa. Cette incapacité à former sa propre opinion est engendrée par notre propre implication dans l’histoire; les seuls environnements auxquels nous avons accès sont ceux de l’appartement de Jeff et sa vue des appartements de ses voisins, nous devenons donc Jeff! Hitchcock créé un sentiment de claustrophobie nous mettant dans un état de folie légère, tout comme Jeff qui n’en peut plus d’être condamné à son appartement, lui qui vit d’action à titre de photographe. Difficile d’être objectif dans ce contexte…

Mais que font les voisins?

Mais que font les voisins?

Chaque apparition de Grace Kelly est un vent de fraîcheur dans cette atmosphère froide et tendue de l’appartement de Jeff, que ce soit par sa beauté, son habillement et sa façon différente de voir la situation que son copain lui présente. Malgré leur grande différence d’âge, il y a une honnêteté à la relation de Lisa et Jeff, une sincérité amoureuse rarement vue dans les films d’Hitchcock où les relations sont souvent chargées de tension sexuelle entre hommes et femmes. Non pas que la chimie soit absente entre James Stewart et Grace Kelly, mais la relation n’est pas autant axée sur l’aspect sexuel que les autres œuvres d’Hitchcock, la relation est beaucoup plus cérébrale, les conversations qu’entretiennent le couple sont réalistes. Disons que pour 1954, c’était assez avant-gardiste!😉

Jeff (James Stewart) et Lisa (Grace Kelly)

Jeff (James Stewart) et Lisa (Grace Kelly)

LE MOT DE LA FIN : Génial! Incontestablement une des grandes œuvres de l’impressionante carrière d’Alfred Hitchcock pour le questionnement qu’il suscite sur le voyeurisme, tout en nous transformant en voyeurs volontiers. Avec les réseaux sociaux faisant partie de notre consommation internet quotidienne, le voyeurisme que dénonce doucement le film est maintenant chose commune… Avons-nous vraiment changé depuis “Rear Window”? Est-ce pour le mieux? Ou est-ce le contraire? Que de questions! Verdict? À VOIR ABSOLUMENT!

DERNIERS DÉTAILS : « Rear Window » (1954) réalisé par Alfred Hitchcock, scénarisé par John Michael Hayes, basé sur la nouvelle It Had to Be Murder de Cornell Woolrich, mettant en vedette James Stewart, Grace Kelly, Thelma Ritter, Wendell Corey et Raymond Burr.

4 thoughts on ““Rear Window”

  1. Possiblement mon deuxième genre préféré !
    J’ai pourtant lu tout les «Agatha Christie», mais je n’ai vu aucun «Alfred Hitchcock» …
    Peut-être suivrais-je un jour l’exemple de mon Professor et pallierais-je à cette lacune.
    En attendant, j’aime bien lire vos analyses de ces films. On constate vraiment à quel point la culture Hitchcock s’est propagé et que les références à ces films se trouve un peu partout.

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    • ​Merci beaucoup pour ton commentaire Schüler! J’apprécie mes visionnements de Hitchcock non seulement pour la qualité de ses films mais aussi car chaque film est un cours de cinéma et de culture populaire. Si jamais tu aimerais pallier le manque de Hitchcock dans ta vie, Frau Professor peut t’aider😉

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  2. Ben voilà un film de convalescence! Je dois reconnaître que je suis heureuse d’avoir une télé, ma fenêtre est loin d’être aussi divertissante. En plus, c’est moins risqué de regarder des films.
    Après ces 3 Hitchcock, j’en vie à me demander. Coudonc est-ce que James Stewart est dans tous ses films?

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    • Haha! Non mais tu as vu les 4: Rear Window, The Man Who Knew Too Much, Vertigo et Rope. Il te faut maintenant visionner les collaborations d’Hitchcock avec Cary Grant et Grace Kelly! Au travail Schüler… après le 22 février bien sûr😉

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