“Birdman or (the Unexpected Virtue of Ignorance)”

Il m’appert que le travail des réalisateurs est exemplaire cette année. Serait-ce car j’y porte plus attention que par le passé? Je ne crois pas car j’ai toujours eu un intérêt pour un style et une mise en scène qui se démarquent. Je crois vraiment que même s’il n’y a que quatre films à cette date qui pourraient faire partie d’une éventuelle liste de meilleurs films de l’année, cette poignée de films ont comme point commun de se démarquer par la qualité et la créativité de leur réalisation. Le réalisateur, cet être invisible, maître du film, a su être la vraie vedette de son long métrage à plusieurs reprises cette année, et cela n’est guère plus apparent que dans “Birdman”. Alejandro González Iñárritu, le cœur et l’âme derrière “Babel”, “21 Grams” et “Amores Perros” signe ici son film le plus achevé mais accessible.

Birdman

Les amateurs de Hitchcock se rappelleront du plan continu dont le maître du suspense donna l’illusion dans “Rope”. Tel que discuté dans ma critique, il était technologiquement impossible de faire un film en un seul plan continu en 1948 car les bobines de film duraient une dizaine de minutes. Pour contrer cela, Hitchcock faisait un zoom sur le dos d’un personnage ou d’un meuble, fondait au noir, et reculait la caméra pour retrouver l’action. Ce petit truc permettait de créer l’illusion d’un plan séquence en continu. Même si “Birdman” vient d’une époque où il est beaucoup moins ardu de créer cet effet de plan séquence, le long métrage d’Inarritu s’inspire naturellement de « Rope » de par la technique choisie. “Birdman” se passe dans l’arrière-scène d’un théâtre de Broadway (le Saint-James pour les connaisseurs) donc nombreux couloirs, cages d’escaliers et autres endroits mal éclairés permettent de faire des transitions vers une nouvelle scène.

Mais il n’y a pas juste la technique qui rend ce film exceptionnel, cette comédie noire pose de nombreux clins d’œil vers la réalité. Le clin d’œil le plus évident, et vous l’avez peut-être deviné sans avoir visionné le film, est le fait que Riggan Thomson (le personnage de Michael Keaton) est un acteur ayant joué vingt ans plus tôt un superhéros du nom de Birdman dans une série de films du même nom avant de choisir de se retirer. Est-ce que cela vous rappelle quelque chose? Soit que Michael Keaton a joué le superhéros Batman dans deux films il y a vingt ans avant de choisir de se retirer… Coïncidence? Dans le cas de Thomson, celui-ci décide d’hypothéquer ses avoirs pour financer un projet qui l’anime depuis des années : adapter et mettre en scène sur Broadway la nouvelle « What We Talk About When We Talk About Love » de Raymond Carver. Un projet ambitieux, couteux et comprenant son lot de maux de tête car Thomson est entouré d’acteurs névrosés (Naomi Watts) ou confiant à la limite de l’arrogance (Edward Norton), d’une fille se remettant d’une cure de désintox (Emma Stone), etc. L’histoire part avec l’humour créé par ces personnages éclectiques rappelant le théâtre de l’absurde, mais elle se développe par le questionnement perpétuel de l’acteur et nous, ses observateurs : qui est vrai? Qui est faux? Suis-je vrai? Suis-je faux? Qu’ai-je fait de ma vie? Ah! Cette dernière est le cheval de bataille de l’homme, son insatiable désir de léguer quelque chose à autrui. Thomson ne peut demeurer satisfait à l’idée de la célébrité conquis il y a une vingtaine d’années, il veut se prouver en tant qu’artiste et en tant qu’homme, d’où ce grand projet théâtral.

Hahaha! Need I say more? ;)

Hahaha! Need I say more?😉

Le questionnement de Thomson est mise en scène de façon tellement atypique que nous nous questionnons aussi sur ce que le film nous présente. Par exemple : (SPOILER) Thomson est vu en train de lever et jeter des objets sans les toucher, simplement en les regardant. A-t-il des superpouvoirs comme son Birdman? Ou serait-ce pour adoucir la grande violence interne de cet homme? Même la fin est en queue de poisson, et c’en est rafraichissant. Apporter un questionnement perpétuel au spectateur du 7e art est un choix malaimé (dans le cinéma américain) car cet art stimule tellement de sens qu’une majorité croit devoir être informé et dirigé. Qu’à cela déplaise, « Birdman » choisit bravement de ne pas se fondre dans la conformité et nous amène dans un spectacle visuellement attrayant par la magie de la mise en scène d’Inarritu et la cinématographie du grand Emmanuel Lubezki, ainsi que par son magnifique scénario et ses superbes interprètes. Keaton surtout, mais aussi Norton et Stone nous épatent par leur talent. Un spectacle de zones grises qui vous feront gratter la tête tout en vous faisant rire aux éclats!

LE MOT DE LA FIN : Un chef d’œuvre et définitivement un des meilleurs films de l’année! J’aime ce film d’un grand amour, un amour me donnant la force d’accepter que je ne pourrai jamais tout comprendre car tellement est laissé à interprétation! OH QUE J’ADORE !! Verdict? 10/10 🙂

DERNIERS DÉTAILS: “Birdman or (the Unexpected Virtue of Ignorance)” (2014) réalisé par Alejandro González Iñárritu, scénarisé par Alejandro González Iñárritu, Nicolás Giacobone, Alexander Dinelaris, Jr. et Armando Bo, mettant en vedette Michael Keaton, Edward Norton, Emma Stone, Naomi Watts, Amy Ryan, Andrea Riseborough and Zach Galifianakis.

6 thoughts on ““Birdman or (the Unexpected Virtue of Ignorance)”

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  3. Pas rit, pas compris?
    Trop de blabla. J’ai les oreilles qui bourdonnent. Arrêtez ces stupides percussions… Y a des plans qui tournent trop. En tout cas, pas un film de convalescence….
    Pourquoi a-t-il reçu de nomination déjà?

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