“Gone Girl”

Après avoir visionné « Gone Girl », je m’esclaffai d’un “Whoa! Osti que c’est fucké ce film là!”. Quelques semaines de digestion plus tard, je vous partage finalement mon point de vue sur ce qui incontestablement le meilleur film de David Fincher depuis « Fight Club ». (Désolé! L’auteure n’est pas une amateure de « The Social Network », sauf pour la trame sonore de Trent Reznor et Atticus Ross, bien sûr.)

Gone-Girl

Amy (Rosamunde Pike) et Nick Dunne (Ben Affleck) donnent l’impression d’être le couple parfait : vivant la belle vie en tant que journalistes pour des magazines huppés new yorkais. Lors de la crise économique de 2008, ils perdent leurs emplois, pendant que la mère de Nick est en train de mourir d’un cancer. Les Dunne déménagent alors au Missouri où leur vie loin de la grande ville met leur couple à rude épreuve. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy disparaît. Portée disparue, les médias et réseaux sociaux prennent d’assaut cette histoire, donnant l’impression que Nick serait le meurtrier d’Amy… mais les apparences sont parfois trompeuses!

Fincher dirige avec une verve électrisante, il nous amène dans des coins noirs de notre psyché à travers cette histoire d’amour malsaine. Il arrive à nous manipuler – tout comme Amy – et nous faire embarquer dans certaines improbabilités. À la base, « Gone Girl » se moque de l’institution du mariage, les personnages de Nick et Amy seraient le couple parfait, mais nous découvrons au fil du film qu’ils sont loin de l’être. Ils ne se comprennent pas, ne se respectent pas, j’irais jusqu’à dire qu’ils aiment se détester. Pour rehausser cette qualité de moquerie, Fincher a choisi des acteurs à l’apparence parfaite dans les rôles principaux et de les faire contraster dramatiquement avec tous les autres acteurs à apparence plus normale. Une esthétique très léchée a été utilisée, tellement qu’elle donne une impression d’irréalité, voulant peut-être dire que le mariage parfait n’existe pas? Cette esthétique me rappelle celle de « Fight Club ». Pour ceux ayant vu ce classique de Fincher de 1999 (!!!), vous savez que le film est une illusion du vrai, ce qui est aussi le cas de « Gone Girl », justifiant les choix esthétiques au vernis lustré!

Oh Nick, what were you thinking? Smiling in front of your wife's missing person poster? FAIL!

Oh Nick, what were you thinking? Smiling in front of your wife’s missing person poster? FAIL!

Rosamunde Pike est spectaculaire dans le rôle de la compliquée, troublante et troublée Amy. Elle arrive à créer de l’empathie envers son personnage malgré la manipulation et la violence qu’elle utilise. Elle est à la fois convaincante en innocente victime et en meurtrière. Amy a été démolie par ses parents et par son premier amour, ce qui la transforma en la femme que nous découvrons à l’écran. Jamais Pike ne rend Amy caricaturale. La maitrise de la nuance était nécessaire et brillamment réussie.

Je n’ai pas lu le roman sur lequel le film est basé, reste que j’apprécie cette histoire en contexte cinématographique. Les choix scénaristiques, dont le fameux twist, les prestations d’acteurs, la mise en scène dynamique, bref, tous les éléments furent présents pour créer un excellent thriller.

LE MOT DE LA FIN : Une fable moderne sur l’hypocrisie de la perfection, démontrée à travers un mariage vécu à l’ère des chaines d’information 24 heures et des réseaux sociaux. Parfaitement réalisé par Fincher et magnifiquement interprété par Affleck, Dickens (dans le rôle de la détective assignée au dossier de la disparition d’Amy) mais surtout Pike. Je suis confiante que « Gone Girl » deviendra un classique de noir moderne! Verdict? 9/10.

DERNIERS DÉTAILS : « Gone Girl » (2014) réalisé par David Fincher, scénarisé par Gillian Flynn, basé sur le roman Gone Girl de Gillian Flynn, mettant en vedette Ben Affleck, Rosamunde Pike, Neill Patrick Harris, Tyler Perry, Carrie Coon, Kim Dickens et Patrick Fugit.

4 thoughts on ““Gone Girl”

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  2. Je ne suis pas certaine de te suivre dans ton analyse semi-lustré. Par contre je suis d’accord sur le reste. C’est un film délicieusement twisté ! On en vient à reconsidérer à plusieurs reprises notre sympathie envers les personnages.

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    • L’expression 7e art est prise au sens littéral avec un cinéaste comme Fincher. Comme une peinture ou une sculpture, un film peut être vu et analysé à plusieurs niveaux et les visionnements répétés peuvent dévoilés des nouveaux éléments qui nous font questionner nos premières perceptions. Je n’ai pas revu “Gone Girl”, mais le cinéma de Fincher se prête à des revisionnements où nous pouvons retrouver des nouveautés. Une chose qui m’a marqué de mon premier visionnement est ce côté lustré qui me donnait l’impression d’une illusion de la réalité, tout comme “Fight Club”. Est-ce que ce sera maintenu dans un deuxième visionnement, ça reste à voir…

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